Quand un Italien pensait le monde : géosophie, géoprophétie et géopolitique chez Tommaso Campanella

Jean-Louis Fournel
2008 Laboratoire Italien  
Les territoires des hommes S'il est une définition possible et non polémique de la mondialisation c'est celle qui y voit le résultat d'une vision politique de la géographie du monde comme monde habité par les hommes (i.e. de ce que les Anciens nommaient l'oekumênê). La perspective est globale et synthétique mais elle est aussi fondée sur la communication et les échanges, bref sur le commerce dans tous les sens du terme. Et évidemment, semblable définition n'est pas seulement ancrée dans notre
more » ... ancrée dans notre histoire très contemporaine. En effet, le droit au commerce et à l'échange est formulé explicitement au Moyen Age et à la Renaissance ; il servira même de justification aux conquêtes américaines des sujets des rois d'Espagne... ou de Franceil n'est que de penser à ce qu'en disent Francisco De Vitoria ou Jean Bodin 1 . En outre, il est aussi important de pointer que cette perception spécifique du monde reste pendant longtemps largement européocentriste (si tant est qu'elle ne le soit pas encore pour beaucoup !). C'est de cette réalité complexe et contradictoire que naissent d'ailleurs bonne part des peurs, des rêves, des espoirs, des luttes et des polémiques que ladite mondialisation a pu susciter ou suscite encore. Or, le premier moment de l'histoire moderne dans lequel se construit une perception nette du fait qu'est possible une telle projectionprojection intellectuelle aussi bien que politico-militaire avec sa stratégie, ses tactiques et ses discours -s'étend de la fin du XV e siècle au milieu du XVII e siècle, à la suite des voyages qu'entreprirent les Européens dans le monde entier, en bouleversant par ce capital d'expérience inédite la connaissance du monde et ses représentations. Très vite, c'est la question des empire ibériques (portugais puis espagnol) d'outre-mer qui est placée alors au coeur de la réflexion parce que, justement, selon un énoncé
doi:10.4000/laboratoireitalien.72 fatcat:vxmp72sedzhivjwrba7pamq5rq