Le corps dégénéré : des textes scientifiques à la littérature française du xixe siècle

Bénédicte Percheron
2016 Arts et Savoirs  
Éditeur Laboratoire LISAA Référence électronique Bénédicte Percheron, « Le corps dégénéré : des textes scientifiques à la littérature française du XIX e siècle », Arts et Savoirs [En ligne], 7 | 2016, mis en ligne le 13 décembre 2016, consulté le 16 février 2017. URL : http://aes.revues.org/935 ; DOI : 10.4000/aes.935 Ce document a été généré automatiquement le 16 février 2017. Centre de recherche LISAA (Littératures SAvoirs et Arts) Le corps dégénéré : des textes scientifiques à la littérature
more » ... es à la littérature française du XIX e siècle Bénédicte Percheron 1 Au début du XIX e siècle, avec la poussée des théories transformistes, naturalistes, écrivains et philosophes s'interrogent sur le devenir de l'homme. La question primordiale est de savoir si l'homme est physiquement achevé, comme l'affirment les textes bibliques. Ce sont les premières discussions sur les variations du vivant qui provoquent, parfois avec quelques années de décalage, ces débats autour d'un sujet condamné par l'Église. C'est en effet un petit paragraphe du tome XIV de L'Histoire naturelle de Buffon, paru en 1766, qui émet l'idée d'une dégénération pour expliquer la variété du vivant. Le topos de la dégénération, appelée plus tard dégénérescence, si apprécié des écrivains du XIX e siècle, se forme bien dans l'histoire naturelle au coeur même des idées pré-transformistes du siècle précédent. Si la notion est tout d'abord appliquée à l'espèce animale, elle est utilisée ensuite dans le domaine médical, ce qui permet finalement un glissement dans le domaine de la psychologie et de la morale. L'idée n'est plus seulement appliquée à un groupe, mais à un individu humain. À la suite du texte de Buffon, les expressions « dégénération » et « dégénérescence » se multiplient dans les textes scientifiques, mais aussi littéraires. Certains contestent toutefois l'idée unique d'une dégénération pour expliquer la diversité du vivant, car une modification n'est pas toujours négative. L'homme pourrait aussi se perfectionner, aussi bien sur le plan physique, qu'intellectuel. Ces notions de dégénération et de perfection, utilisées par les écrivains, soulèvent de nombreuses questions tant ces conceptions se prêtent à des usages et des interprétations parfois très différents. Tantôt récupérés par des pensées religieuses et conservatrices, aussi bien en philosophie qu'en littérature, les concepts de dégénération et, par opposition, de perfectibilité 1 , prouvent que le vivant et sa temporalité propre sont au coeur des débats du XIX e siècle. Quelles sont les images littéraires qui ont été suscitées par ces notions ? Comment les écrivains les ont-ils utilisées pour imaginer l'évolution du Le corps dégénéré : des textes scientifiques à la littérature française du xi... Arts et Savoirs, 7 | 2016
doi:10.4000/aes.935 fatcat:fci2hxdat5buvlrsl6bx4lfpfu