Campanienne (céramique)

J.-P. Morel
1992 Encyclopédie berbère  
Le terme de « céramique campanienne » désigne communément l'ensemble des céramiques à vernis noir de la Méditerranée occidentale à l'époque hellénistique, indépendamment de leur origine réelle. La situation de ces céramiques en Afrique quant à la production et au commerce, longtemps brouillée par des ignorances, des erreurs et des préjugés, commence à apparaître avec une certaine netteté. 2 Une opinion répandue veut par exemple que la bataille d'Himère, au cours de laquelle les troupes grecques
more » ... es troupes grecques défirent les Carthaginois en Sicile en 480, ait entraîné pour l'Afrique une longue période de fermeture aux produits helléniques. Mais en fait, la céramique attique à vernis noir arrive dans le Maghreb au cours du V e siècle en quantités notables. Ces importations augmentent et culminent au IV e siècle. Beaucoup des vases attiques à vernis noir de cette époque trouvés à Carthage portent des chiffres grecs gravés, et quelques-uns combinent ces chiffres avec des lettres puniques, juxtaposition que l'on a trouvée aussi sur un vase de l'épave punique de El Sec, à Palma de Majorque. De tels documents suggèrent l'existence de circuits gréco-puniques, ou peut-être même de firmes mixtes, pour la diffusion de ces céramiques vers l'Occident ; ils confirment le rôle joué par les « Phéniciens » dans le commerce de la céramique attique, mentionné par un texte du Pseudo-Scylax (112) qui concerne plus particulièrement la côte atlantique de l'Afrique. 3 La céramique attique à vernis noir continue à être importée au III e siècle (et même, quoique exceptionnellement, au II e siècle, dans sa variété décorée dite « West-Slope » ou « du Versant occidental »). Aux IV e et III e siècles, elle suscite dans l'ensemble de l'Afrique du Nord des imitations locales. Ces dernières combinent des formes empruntées au répertoire athénien avec des caractéristiques techniques clairement puniques (fréquence des pâtes grises, des surfaces rougeâtres ou grisâtres, des « zones d'empilement » provoquées par l'entassement des vases dans le four). Les abords de Carthage et la Tripolitaine sont les deux régions où ces imitations sont le mieux attestées, et une fabrique en a été trouvée à la Rabta à Tunis. Mais c'est aussi de la céramique attique que s'inspire dans une large mesure au III e siècle un atelier découvert à Kouass, dans la région Campanienne (céramique) Encyclopédie berbère, 11 Campanienne (céramique) Encyclopédie berbère, 11 INDEX Mots-clés : Antiquité, Commerce, Technologie Campanienne (céramique) Encyclopédie berbère, 11
doi:10.4000/encyclopedieberbere.2044 fatcat:iwmsvteolfa65a6szmjk7d6oti