UN TRAITÉ DE YÀHYÂ BEN ADI 1) DÉFENSE DU DOGME DE LA TRINITÉ CONTRE LES OBJECTIONS D'AL-KINDÎ (2) TEXTE ARABE PUBLIÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS

Traduit Par, Augustin
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le /.//'((' (/( Vlntrodurtion. Nous dirons donc : si ces trois personnes .sont lll 'Il EiuaywYii lie f'oi'pli\ j-r. UiN TRAITK DK VAIIYA ItKX 'aDI. 17 des genres éternels, comme le genre est un genre d'espèces, et l'espèce une espèce d'individus, les trois genres ont donc toujours été des espèces d'individus. De plus, le genre se trouve dans la nature des individus avec des accidents. Ainsi, ce qui est éternel est composé. Or, fout composé est causé, et aucune chose causée n'est éternelle.
more » ... ce qui est éternel n'est pas éternel, conclusion de la plus ridicule absurdité. Yahyd. -Les Chrétiens ne disent pas que le Père, le Fils et le Saint-Esprit soient chacun un genre. Les conclusions que vous voulez tirer contre eux ne les atteignent donc pas. Al-Kindi. -Et si les trois personnes sont toutes des espèces éternelles, comme l'espèce est quelque chose de particulier dans le genre et de général par rapport aux individus, que le genre se trouve dans la nature de l'espèce avec des différences, que l'espèce .se trouve dans la nature des individus avec des accidents, il faut qu'il y ait [dans la Trinité] nombre et composition, et que des choses éternelles ne soient point éternelles, ainsi que nous l'avons démontré dans le premier chapitre. Or, c'est une chose impossible. Yahyà. -Les Chrétiens ne disent pas davantage que le Père, le Fils et le Saint-Esprit soient trois espèces, pour encourir les conclusions que [notre adversaire] veut tirer contre eux. Mais le diraient-ils. les conclusions exposées ne les atteindraient pas non plus. En effet, sa majeure qui dit : « aucune chose causée n'a toujours existé » est fausse; car une chose produite n'est pas toujours produite par une cause qui la fait exister après un temps oii elle n'était pas. Il y a, on le sait, quatre sortes de causes : la cause matérielle, la cause formelle, la cause efficiente, la cause finale. La cause matérielle se subdivise en deux : 1» la cause matérielle proprement dite dont le propre est de recevoir des formes qui n'existaient pas auparavant. Les êtres résultant ainsi de la matière et des formes qu'elle revêt se produisent après n'avoir pas existé; 2°l'autre subdivision [de la cause matérielle] est un sujet non matériel qui dès lors n'admet que la forme qui le constitue. De même, ce que l'on appelle cause efficiente est de deux sortes : l'une produit les formes qui existent ainsiaprès n'avoir pas existé: l'autre est la cause de l'existence de la chose, non de sa production. Les êtres causés selon cette seconde manière existent en même temps que leur cause qui ne leur est pas antérieure. C'est de cette sorte que les Chrétiens disent que le Père est la cause du Fils et du Saint-Esprit et que ces deus dernières personnes sont causées par la première. Et il ne faut pas que ce qui précède vous fasse mettre en doute ce qui saute aux yeux, ou vous laisse croire qu'il est impossible que la cause et la chose causée existent en même temps, et que nous émettons une opinion fau.sse, lorsque nous afBrmons que le Père est cause du P'ils et du Saint-Esprit sans leur être antérieur dans le temps. En effet, si l'on examine les causes et les choses causées, l'on trouve de Hombreuses causes qui ne précèdent pas leurs effets, d'une antériorité de temps. Tel est le lever du soleil sur l'horizon qui e.st cause de la lumière de l'air. Ces deux choses existent en même temps. Tel est encore le choc de deux corps durs qui produit un sou ; choc et son ORIENT CHRÉTIEN. 2 18 REVUE DE L"0RIENT CHRÉTIEN. sont simultanés; telle est encore l'entrée d'une lampe dans une chambreobscure qui devient instantanément éclairée. Et l'on pourrait apporter d'autres exemples semblables. Si donc la majeure des propositions du syllogisme est fausse, la conclusion ne saurait plus être vraie qui dit que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne peuvent être éternels. Voilà qui détruit le reproche d'absurdité que notre adversaire adressait aux Chrétiens. Al-Kindi. -Si les trois [personnes] sont des différences éternelles, comme les différences différencient des espèces [comprises] sous un même genre, et que les différences et les genres qui se trouvent dans la nature de l'espèce se trouvent également dans la nature de l'individu avec des accidents, il faudra nécessairement reconnaître, comme dans le premier chapitre, qu'il y a plus de trois choses éternelles; or, c'est impossible. Yahyâ. -Cette objection repose encore sur une proposition dont nous avons déjà démontré la fausseté et sur laquelle il avait bâti les deux objections précédentes. Puisque nous avons démontré la fausseté de cette proposition, dans la réfutation que nous avons faite de ces deux objections, nous n'avons plus besoin de reprendre ici notre raisonnement. Al-Kindi. -Si les trois personnes sont des accidents universels qui ont toujours existé, comme les accidents universels embrassent des espèces, et que les espèces sont comprises sous des genres, les conclusions établies dans l'article précédent sont encore ici rigoureusement vraies; c'est-à-direqu'il y a plus de trois éternels qui ne sont pas éternels ; or, c'est impossible. Yahyà. -Les Chrétiens ne disent pas, non plus, que les trois personnes soient des accidents universels pour être atteints par les conclusions que tire contre eux al-Kindi. Al-Kindi. -Si les trois personnes sont des accidents particuliers qui ont toujours existé, c'est-à-dire des propriétés; comme les propriétés appartiennent uniquement aux espèces, et que les espèces sont composées de genres et de différences, les conclusions de l'article précédent sont encore ici rigoureuses : il y a donc plus de trois éternels ([ui ne sont pas éternels, et c'est de la plus répugnante impossibilité. Yahyà. -Les Chrétiens ne disent pas, non plus, que les personnes soient des accidents particuliers, car, bien qu'ils leur appliquent d'une manière générale ce nom de propriété, ils n'entendent pas «lue [les personnes] soient des accidents, mais ijue chacune est substance. .\l-Kiwli. -Si les trois personnes sont, les unes des genres, les autres des différences, ou les unes des genres et les autres des espèces, ou [si elles peuvent être désignées par] l'association [de deux quelconques] des cinq termes mentionnés dans le Livre de Vlntroducliim, puisque les Chrétiens prétendent qu'elles ont toujours existé, il faut reconnaître en elles pluralité et composition, et qu'elles sont éternelles sans être éternelles. Il y a là une impossibilité comme nous l'avons signalé antérieurement. 'iahya. -Cette conclusion n'atteint pas les Chrétiens puisque leur doctrine n'est pas telle que vous l'exposez. Al-Kindi. -Si les trois personnes sont réellement des individualité? IN TUAITÉ m: VAIIVA HKV ADl. 19 ayant toujours existé: coiiinie les individus sont [compris] sous une espèceê t supportent des accidents, et (|ue l'espèce est composée d'un genre et de différences, il doit, des lors, y avoir plus de trois choses éternelles, les éternelles n'étant pas éternelles; or, c'est impossible. Yaliyà. -Les Chrétiens ne disent pas davantage que les personnes soient des individualités dans le sens qn'AIKindi donne à ce terme: ils disent seulement qu'il y a trois personnes, entendant par là que la notion' de chacune d'elles est différente de la notion de l'autre, mais non qu'elle soit constituée d'accidents, comme le croit l'adversaire. Ainsi, les consé-<iucnccs qu'il imagine ne les atteignent pas. XlKindi. -C'est là une des raisons qui détruisent cette doctrine des Chrétiens qu'il y a trois clioses éternelles. Bien que la futilité de ce dogme apparaisse de raisons multiples, je n'ai fait appel pour la démontrer qu'aU' Traité de ilnlroduclion, parce que c'est le livre sur lequel s'exercent les jeunes gens et par lequel ils commencent leurs études; car il est à la portée de quiconque a tant soit neu d'intelligence et est facile à comprendre. C'est donc à ce livre que nous avons emprunté les critiques faites aux Chrétiens et auxquelles ne peuvent guère échapper les positions pri.ses par la plupart d'entre eux. Peut-être ce que nous en avons dit augmenterat-il leurs doutes ou contribuera à les réveiller de leur sommeil. Yahyà. -Votre détestable argumentation précédente démontre (|ue c'est plutôt votre état qui mérite d'être comparé à celui de gens endormis, car vos paroles paraissent des songes incohérents. Dieu nous j)ardonne à vous et à moi ! Al-Kindi. -Les Chrétiens disent encore : trois font un, un fait trois, et c'est d'une fausseté manifeste. En effet, ce que nous appelons un, nous le disons un seulement de trois manières : ou bien il s'agit d'une unité numérique, comme nous disons que l'unité est un; ou bien il s'agit de l'unité dans l'espèce, comme lorsque nous disons que Khàlid et Zéïd sont un parce qu'ils sont compris sous la même espèce qui est V homme: ou bien il' s'agit de l'unité dans le genre, comme nous dirions que l'homme et l'àne sont un parce qu'ils sont compris sous le même genre qui est le vivant. Si donc les Chrétiens entendent que trois font un et (|u'un fait trois, sous le rapport de l'unité numérique, comme trois est un nombre ••omposé de trois unités et qu'un est une partie de trois, il faut donc que ce qui est un ne soit qu'une partie de sa propre essence, et que, trois multipliant l'unité, ce qui est un soit un multiple de sa propre essence: et cependant il a été dit précédemment (|u'il n'est qu'une partie de sa propre essence. C'est là une affirmation d'une lionteuse impossibilité, d'un ridicule manifeste. Si [en disant] trois font un, ils entendent par trois, des individualités et par un. une espèce qui leur est [commune], puisqu'il a été dit précédemment que l'espèce est composée d'un genre et de différences, ((ue' le genre et la différence se disent de plus d'une espèce, (pie l'espèce se dit d'un nombre d'individus, il faut donc qu'il y ait composition dans les trois personnes et la substance qui les contient, et il faut qu'il y ait plus de trois éternels, comme nous l'avons démontré plus haut; mais cette conséquence 20 REVUE DE l'orient CHRÉTIEN. est impossible. S'ils entendent par trois, des espèces et par un, un ijcnre, il faut encore admettre ici, comme précédemment, composition et pluralité, et reconnaître que les personnes sont éternelles sans être éternelles, et cela est d'une répugnante absurdité. Yahyû. -Les Chrétiens ne disent pas qu'un fait trois, ni que trois font un d'après l'une des trois manières que vous avez ènumèrées. La subdivision de l'unité que vous avez établie n'est pas comjiléte, car vous avez omis de parler de Vun par relation. Ainsi l'on dit que la relation de la source et des rivières qui en découlent, que la relation du souffle qui est dans le coeur avec le souffle qui est dans les artères est une seule relation ; que la relation entre deux et quatre et vingt et quarante est une seule relation. Vous avez encore omis de parler d'une sorte d'unité numérique iiui admet elle-même trois subdivisions. Car l'on peut dire qu'une chose est une en nombre, soit à la façon du continu, comme l'on dit : un corps est un, une surface est une, une ligne est une, et autres exemples semblables; soit à la façon de ce qui n'admet pas de subdivision comme le point, l'unité, le présent dans le temps, le (fommencement du mouvement. On appelle encore un, des choses dont la définition indiquant la nature, est identique [ce qui a lieu lorsque deux termes sont synonymes], comme par exemple chamoul et k/iamr (vin), hirnàr et 'ir (àne), Jamal et ba'ir (chameau). Les Chrétiens disent seulement que Dieu est un de cette dernière manière de l'unité en nombre, entendant par laque le terme qui 6n indique la nature est un. Ils disent qu'il est trois, parce qu'il est Iton. saye et puissant, qu'il possède en lui la notion de bon, la notion de sage, la notion de puissant, et chacune de ces [trois] notions est distincte des deux autres notions parallèles. Le terme qui indique la nature de Dieu renferme ces trois notions, et l'on peut dire de lui qu'il est une essence bonne, sage, puissante. Vous avez encore omis une autre subdivision de l'un et de la pluralité, soit par inadvertance, si vous ne la connaissiez pas, soit à dessein, si vous la connaissiez; en tout cas vousn'en avez pas faitmention. En effet, l'un et la pluralité se subdivisent d'une autre manière, car l'un peut être un dans le sujet et multiple dans les définitions, c'est-â-dire qu'on peut justement lui appliquer des définitions multiples dont le nombre correspond aux notions qu'il contient et qui définissent ces notions. Par exemple, il est vrai dédire que Zéid est un seul sujet qui contient la définition du vivant, la définition du raisonnable, la définition du mortel. C'est de cette manière que les Chrétiens disent tlu Créateur qu'il est un. L'un peut être encore un dans la définition et multiple dans le sujet. Ainsi la définition de l'homme considéré comme homme est une: mais les sujets auxquels on l'applique sont multiples, comme Zéid, 'Abd-Allali. Khàlid, dont chacun est un sujet auquel l'on peut attribuer d'être homme. Puisque donc les Chrétiens ne disent-pas que l'un soit trois, de l'une des trois manières que vous avez crues seules possibles, alors que nous avons démontré qu'il en est d'autres dont vous n'avez pas parlé et qui permettent de dire, comme le font les Chrétiens, que la même chose peut être une et multiple, il est dès lors établi que vous vous êtes imposé un LITTÉRATURE ÉTHIOPIENNE PSEUDO-CLÉMENTINE m. -TRADUCTION DU QALIÎMEXTOS {Suite) (1) LIVRE TROISIÈME PRODIGES MONTRÉS A PIERRE PAR LE SEIGNEUR (Fol. 68 V b à fol. 121 r" a). CHAPITRE VIll L'Église et la vie chrétienne. 1. Pendant les neul' jours de la durée de son Ascension, Jésus enseigne les neuf choeurs des angles, avant de s'asseoir, le jour de la Pentecôte, à la droite dr son Père. -2. L'oeuvre et la prédication des apôtres.o. Nécessité de la prière. -1. Organisation de l'Église de la terre à l'image de celle du ciel. -"i. .loie de l'Église. -6. .lésus est la porte, la lumière, la verge, la vie, l:i vigne, le pain de vie, la source jaillissante, le soleil de justice et la lampe qui éclaire. -7. L'observation des commandements. -8. Se préserver de lu débauche. -9. La loi du mariage. -10. Cause de la chute d'Adam. -1 1. Cau.sc (le l'Incarnation. 1. Pendant les neuf jours ue la durée de son Ascension. JÉs^Ê
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