Sur la bifurcation du Dibothriocephalus latus

N. Leon
1926 Annales de Parasitologie Humaine et Comparée  
Cette anomalie, observée chez un certain nombre de téniadés, a été signalée par divers auteurs. Toutefois, en ce qui concerne le Dibothriocephalus latus, je ne connais qu'un seul cas de bifurca tion à plusieurs segments ; c'est le cas de Bremser (1819) que les auteurs semblent vouloir ignorer. R. Blanchard (1894), lorsqu'il expose ses idées sur la « bifurcation de la chaîne » (p. 31), dit que l'on n'a pas encore observé de bifurcation chez le Dibothriocephalus latus : « elle est pour ainsi dire
more » ... est pour ainsi dire encore ignorée chez les parasites de l'homme ». Il ne dit pas un seul mot du cas de Bremser. Max Braun (1901), parlant de cette anomalie (p. 1618), dit qu'elle a été observée par Albini sur un exemplaire de Bothriocephalus latus et que ladite bifurcation ne comportait que deux segments. Lui non plus ne dit rien du cas de Bremser. Quoi qu'il en soit, je ne relève dans aucun de ces cas le désir d'expliquer les causes qui produisent cette malformation chez le Dibothriocephalus latus. Nous présentons, dans le présent article, deux cas de bifurcation chez ce cestode. Ces cas nous ont paru dignes d'une description spéciale, étant donné que, dans un cas, la chaîne compte treize anneaux et que, dans l'autre cas, elle en compte dix. Dans le premier cas, il s'agit d'un Dibothriocephalus latus ( fig. 1 ) qui mesure 80 centimètres de longueur. La tête manque, ainsi que la série des anneaux qui la continuent jusqu'aux anneaux mûrs. Les anneaux ont tous leur aspect normal. On ne remarque, à la surface, aucun indice d'érosion ou d'altération quelconque. Seule, la partie terminale du ver présente sur vingt centimètres environ les anomalies suivantes : tout d'abord, une fénestration centrale qui s'étend sur trois anneaux, après quoi viennent 14 anneaux réguliers, entiers ; là, une seconde fénestration cen trale apparaît qui s'étend sur quatre anneaux, à la suite desquels se succèdent neuf anneaux d'aspect normal ; après le neuvième anneau, on aperçoit une troisième fénestration qui, elle aussi, s'étend sur quatre anneaux, lesquels sont à leur tour suivis de deux anneaux réguliers. C'est après ces deux anneaux réguliers qu'a lieu la bifurcation en deux chaînes : celle de gauche, comportant huit anneaux et celle de droite, qui est constituée par dix anneaux.
doi:10.1051/parasite/1926043236 fatcat:3b2b3nkfxbcvvoxday2pwv7uby