LES ÉTUDES ÉLECTROTECHNIQUES : L'institut Électrotechnique de l'université de Grenoble

J. PIONCHON
1902 La houille blanche  
H LA HOUILLE BLANCHE l'éclosion de renseignements obtenus par des observateurs s'ignorant mutuellement : la vérité ne peut qu'y gagner. L'un de nos modèles de tableaux est relatif aux cours d'eau, l'autre aux lacs et étangs qui, même les plus petits, peuvent être fort intéressants. Il y aurait grand avantagea faire rentrer dans cette catégorie les lacs artificiels provenant de retenues d'eaux, soit déjà faites, soit projetées, soit simplement possibles... Les meilleurs cours d'eau, .au point de
more » ... d'eau, .au point de vue mécanique, sont ceux qui, s'alimentant à un glacier ou à un lac, à ciel ouvert ou souterrain, ne tarissent jamais. Cette enviable disposition est rare et il est bien évident que dans l'avenir on fera tout ce qu'on pourra pour la créer artificiellement là où la nature ne l'a pas mise expressément. Enfin, il n'est pas nécessaire d'attendre qu'on ait réponse à toutes les questions du tableau pour remplir celui-ci et Penvo}*er à la Houille Blanche. Qu'on envoie d'abord ce qu'on a, le reste suivra à son heure. Telle est la manière dont, à ce qu'il nous semble, l'industrie française peut, à peu de frais et dans le moindre temps, réunir des renseignements dont elle a le plus impérieux besoin. Nous serions heureux, si nous pouvions faire partager nos vues par nos lecteurs, et s'ils consentaient à devenir nos collaborateurs dans cette voie. Commandant Ahdebran'd, Ancien élève de l'Ecole Polytechnique Ingénieur POST-SCBJPTUM. -On nous a fait observer que le travail que nous proposons d'édifier a la plus grande analogie avec celui que M. Lauterburg a dressé pour ia Suisse, qui a été reconnu insuffisant et que le Service des.Travaux Publics helvétiquesa remplacé par une enquête où interviennent « l'étendue et la topographie du bassin de « réception. Des jaugeages,en effet, pour donner des indications cer-« taines, doivent être multipliés à l'infini et prolongés pendant une « très longue suite d'années. La connaissance exacte du bassin de t réception peut, au contraire, donner immédiatement des aperçus f très précieux sur la capacité et la régularité de l'alimentation du « cours d'eau. .. » (R. Tavernier. Les forces hydrauliques des Alpes, page 24,) Ce sont là idées auxquelles nous sommes tout acquis Nous espérons le prouver dans une prochaine communication à la Houille Blanche) mais qu'on veuille bien remarquer que : i» La connaissance tojtographique que nous avons de notre Massif alpin est loin d'avoir la même précision que celle que les Suisses ont du leur. Pour des raisons de temps et d'argent, notre carte d'Etat-major, dont la confection fut poursuivie depuis 1827 (abstraction faite de la période de 1817 à 1827), sur un sol douze fois plus grand que celui de la Suisse, par un personnel relativement peu nombreux, ne comporte guère qu'une cote d'altitude géométriquement établie par kilomètre carré, .quand la carte suisse dugénéral Dufour (ancien élève de l'Ecole polytechnique française) en comporte 60 ou 80. Cette dernière a pu être levée-entièrement à la planchette, la carte de France a dû, pour ne pas exiger trois ou quatre siècles pour sa confection, se borner à raccorder les cadastres et à inscrire surses mappesdes figurés de terrain, faits à vue le plus souvent. Si nous citons ces faits, ce n'est pas pour dénigrer cette oeuvre, bien au contraire. On la tient pour un chef-d'oeuvre quand on compare le résultat à la pauvreté des moyens mis enjeu et il ne faut pas ménager l'admiration à ses auteurs, ce serait une révoltante injustice.
doi:10.1051/lhb/1902015 fatcat:wa6ecjwucrc6boaunzbtbg2nka