Le ne de négation en région parisienne : une étude en temps réel

Anita Berit Hansen, Isabelle Malderez
2004 Langage et société  
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more » ... lque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) © Éditions de la Maison des sciences de l'homme | Téléchargé le 21/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) © Éditions de la Maison des sciences de l'homme | Téléchargé le 21/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) © Langage et société n°107 -mars 2004 1. Cette étude a fait l'objet de présentations orales à Swansea (AFLS, septembre 1999) et à Toronto (NWAVE, octobre 1999) mais apparaît ici pour la première fois en version écrite. Le cadre méthodologique a été présenté lors d'une conférence à Copenhague en octobre 1998 (voir Hansen & Malderez 2000). 2. L'étude en temps apparent correspond à ce que Martinet a appelé l'étude en synchronie dynamique (Martinet 1969). de variation de la négation (le sexe, le niveau d'études du locuteur, d'un côté ; la nature du sujet grammatical (pronom ou groupe nominal), la nature du mot négatif (pas, plus, rien...) de l'autre). Nous ajouterons un angle souvent négligé dans les études précédentes, à savoir la variation oral/écrit en incluant des productions écrites d'élèves du primaire, pour mesurer jusqu'où leur écriture se trouve contaminée par l'usage parlé spontané. 2. Indications d'évolution dans les études antérieures du ne de négation Avant de passer aux résultats obtenus dans les deux études récentes en temps réel (Ashby 2001, Armstrong & Smith 2002), nous allons passer en revue rapidement les études antérieures qui avaient parlé d'une tendance d'évolution à partir de la corrélation entre la chute du ne et l'âge des locuteurs. W. Ashby (1981) avait noté parmi les Tourangeaux enregistrés en 1976 que le ne se maintenait à 52 % chez les locuteurs âgés de 51 à 64 ans, mais seulement à 19 % chez les locuteurs âgés de 14 à 22 ans. De même, A. Coveney (1996) a pu observer dans ses données du milieu des années 1980, enregistrées en Picardie, que les locuteurs de la tranche d'âge de 50 à 60 ans avaient 29 % de maintien du ne, tandis que ceux de la tranche d'âge de 17 à 22 n'avaient que 8 % de maintien. La tendance indiquée ainsi en temps apparent semble évidente. La juxtaposition directe d'études comme celles-ci pose cependant problème. D'une part, un facteur géographique semble intervenir dans la variation : A. Coveney a fait apparaître dans un tableau comparatif (1996 : 64) que les observations sur le ne de négation varient fortement d'un bout de la France à l'autre avec un moindre maintien dans le Nord, et, d'ailleurs, une quasi-absence de la particule dans le français parlé au Québec, (cf. Sankoff & Vincent 1977). D'autre part, il faut prendre en compte le facteur stylistique et social : comme plusieurs études ont montré que le taux de maintien du ne varie fortement avec le caractère plus ou moins formel du discours (entre autres Ashby 1981, Coveney 1996), ainsi qu'avec l'appartenance sociale du locuteur (Ashby 1981(Ashby , 2001 Coveney 1996) , il va de soi qu'une comparaison entre des études quantitatives sur le ne demande beaucoup de précautions. LE NE DE NÉGATION EN RÉGION PARISIENNE 7 VALLI A. (1983), « Un exemple d'approche du problème des variantes syntaxiques en linguistique diachronique », Recherches sur le français parlé, 5 : 125-146. WALTER H. (1982), Enquête phonologique et variétés régionales du français, Paris, PUF.
doi:10.3917/ls.107.0005 fatcat:4w6hbgwio5dvlemvunsc75ryvm