Pierre Le Goffic, Grammaire de la subordination en français, Ophrys, Paris, 2019, 303 p

Jan Goes
2020 Studii de Lingvistica  
Dans son Avant-propos, Pierre Le Goffic signale que son ouvrage prolonge et complète la Grammaire de la phrase française, publiée en 1993. Il considère néanmoins que la subordination constitue un pan tellement important du système linguistique qu'on peut lui consacrer un ouvrage séparé. Il se propose non seulement de décrire le fonctionnement de la subordination, mais également d'en analyser le système, car ce dernier suscite un certain nombre de questions très importantes, par exemple celle de
more » ... savoir « pourquoi les mots interrogatifs et les mots subordonnants sont [-ils] massivement les mêmes, en français comme dans une bonne partie des langues du monde ? Quel rapport y a-t-il entre si dans Dites-moi si vous êtes d'accord et si dans Si vous êtes d'accord, c'est parfait » ? (p. 7). Ce livre de dix chapitres est complété par un index très détaillé (p. 283-288), un glossaire (p. 289-290) et une bibliographie (p. 291-293). L'introduction du livre est consacrée à l'Histoire et enjeux d'un concept, car le concept de subordination est né de l'amalgame entre la tradition grammaticale et la tradition logique. En effet, si les rapports entre les propositions sont plutôt de l'ordre de la logique (cause, concession), l'analyse de la phrase complexe relève plutôt de la grammaire. Pour sa description, Le Goffic se range du côté de l'approche syntaxique, par enchâssement : « la subordination [...] [est] la transformation d'une proposition en un constituant enchâssé dans une structure matrice » (p. 12). Cette perspective l'oblige à reconsidérer la classification traditionnelle des subordonnées, tout comme l'analyse des subordonnants (la notion de conjonction devenant superflue). Le premier chapitre (La subordination : vue d'ensemble) constitue un état de la question dans lequel Le Goffic propose une terminologie et un classement différents de ce que préconise la tradition, tout en conservant la plupart des termes issus de celle-ci. L'enchâssement -intégration d'une proposition subordonnée dans un constituant syntaxique de niveau supérieur -implique que la subordonnée a les mêmes fonctions que les termes simples, en d'autres termes, qu'il existe des subordonnées nominales, adjectivales et adverbiales. Les introducteurs de subordination sont peu nombreux : une série fermée de mots en qu-et un terme isolé : si. Lorsque le subordonnant n'a aucune fonction dans la subordonnée, cette dernière est dite 'partielle », dans le cas contraire, elle est « totale ». Dans ce cadre, le traitement de ladite relative sans antécédent constitue un écart par rapport à la tradition : introduite par un subordonnant indéfini, elle est considérée
doaj:0d26c03a4f124240b2f4c778abb9d0c9 fatcat:fzygw56kxjehnafcjjmtq3z6ua