L'exempLe, un maL nécessaire ?

Jan Baetens
2011 unpublished
Le présent article se propose de déterminer et d'évaluer certaines des règles ou contraintes auxquelles devrait obéir le recours à l'exemple dans les textes scienti-fiques. Il analyse d'abord la différence entre l'exemple dans les sciences dures et les sciences humaines, avant d'analyser un cas (La Société du spectacle de G. Debord) qui paraît déconstruire cette opposition. L'article formule ensuite six règles de ce que l'on pourrait appeler le « bon usage » de la note, avant de relire à la
more » ... de relire à la lumière de ces règles le travail de l'auteur du Bon usage lui-même, Maurice Grevisse. Celui-ci s'avère rapidement aussi corrosif que l'écrivain situationniste. Pour ou contre l'exemple Dans Beauty and Revolution in Science (1996), une réflexion sur l'importance des aspects « esthétiques » des théories scientifiques « dures », le philosophe des sciences James McAllister commence par défendre une idée que tout le monde ou presque pourra faire sienne. Une théorie scientifique, dit-il, a pour ambition de construire un modèle de la réalité, afin de nous permettre une meilleure connaissance du réel. Une telle théorie, qui n'est évidemment pas la réalité elle-même, relève d'un niveau d'abstraction qui, pour être comprise, doit d'abord être perçue, c'est-à-dire qu'elle doit se concrétiser sous la forme de ce qu'il appelle une « représentation de la théorie ». Cette représentation est concrète, elle peut être perçue par les sens (par exemple sous la forme d'un discours oral ou d'une série de graphiques), et elle est généralement de nature très diverse (ce qui ne veut pas dire « impure »). Dans le cas des sciences de la nature, qui sont ce qui intéresse McAllister, la représentation de la théorie gravite généralement entre deux extrêmes, qui la plupart du temps se combinent : d'un côté une formule aussi abstraite
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