No. XXVIII.-LES CARIDINES DES SEYCHELLES

Eugène L. Bouvier
1913 Transactions of the Linnean Society of London 2nd Series Zoology  
Lu le 16 janvier 1913. DANS son Btude sur les " Land, and Freshwater Decapodn " recueillis sous la direction de M. Stanley Gardiner au cows de la "Percy Sladen Trust Expedition," M. L. A. Borradaile (1907, 67) signale aux Seychelles deux espbces de Caridines plutdt rares, Caridina nilotica ROUX, ' 1 C. multidentcxta Stimpson, et quatre fort communes, les C. typus Edw., siniilis Bouvier, brevirostris Stimpson, singhalensis Ortmann. " La collection, Bcrit-il, contient un nombre immense
more » ... immense d'individus appartenant b, ces espbces (les quatre dernibres) qu'il est extrdmement difficile de &parer les unes des autres B cause des grandes variations qu'elles presentent sur tous les points dont Bouvier se sert pour leur diagnose. J e corisidbre cornme probable que la distinction de ces esphces ne sera pas maintenue dans tous les cas. M. Stanley Gardiner serait heureux d'envoyer les specimens h quiconque voudrait prendre B t$che de lea examiner pour en faire la statistique." Etant donnBs ce passage et les travaux que je consacre depuis prbs de dix ans b, la famille atyienne, j'Btais en droit de regarder comme personnelle l'invitation pr6c6dente. J'y repondis avec d'autant plus de satisfaction que la variabilite des Caridines semble hautement suggestive, et que je dBsirais particulikrement l'8tudier sur les espbces des Seychelles. VoilB comment j'ai pu, gr$ce B l'interrnediaire de M. Borradaile, recevoir de M. Stanley Gardiner les trks nombreuses Caridines de la " Percy Sladen Trust Expedition " et r6unir les matBriaux scientifiques du present mBmoire. Ce travail a BtB long et pBnible, car j'ai dQ examiner par le menu et b, plusieurs reprises tous les exemplaires de la collection qui en renferme 3000 B 4000. Mais je ne regrette pas de l'avoir entrepris, car il comporte deux rdsultats principaux qui paraitront sans doute de rBelle importance : une refonte complete de la classification des Caridines et des notions prdcises sur l'origine des mutations Bvolutives dam la famille des AtyidBs. J e remercie M. Borradaile et M. Stanley Gardiner pour leur aimable obligeance et pour le plaisir qu'ils m'ont procure en me permettant de mettre en lumihre des notions scientifiques de quelque valeur. SECOND SERIES-ZOOLOGY, VOL. XV. 57 448 PERUY SLADEN TRUST EXPEDITION M. Borradaile n'avait pas exagere en disant que les Caridines soumises it son examen presentent une variabilite extrQme et que cette variabilite aurait vraisemblablement pour consequence de faire passer en synonymie plusieurs espbces jusqu'alors admises. E n fait, les Caridines seychelloises sont pour la plupart tout B fait stables, mais l'une d'elles varie B un tel degr6 et suivant des voies si diverses qu'on doit y rattacher plusieurs espkces considerees jusqu'ici comme inddpendantes, et qu'il faut regarder cette Caridine elle-mbme comme une 'espbce en pleine periode Bvolutive. laquelle je fais allusion me parait devoir atre rapportde B la Caridina brevirostris Stimpson. L'identification reste douteuse car le type de Stimpson a dtd perdu et la diagnose qu'en a donnee l'auteur presente des lacunes regrottables ; mais cette diagnose repond de tous points B l'espbce que j'ai decrite anterieurement sous le nom de C. brevirostris et qui provenait Bgalement des Seychelles. La C. brevirostris est representee par plus de 3000 spBcimens dans la collection de M. Gardiner dont elle forme la majeure partie : j'ai pu 1'6tudier dans tous ses details e t en suivre les innombrables variations. C'est l'examen de ces dernibres que sera consacree la premiere partie du present memoire ; j'exposerai ensuite les conclusions que l'on peut tirer de cette Btude et je terminerai par une revue rapide des diverses esphces comprises dans la collection. L'espkce LES VARIATIONS DE LA Caridina brevirostris. La variabilite de la C. brevirostvis s'affirme dans toutes les parties du corps, presque sans exception, mais comme elle atteint son amplitude maximum dans le rostre et dans les chdlipkdes, c'est la tout d'abord qu'il convient de 1'6tudier. Cornme on le sait depuis longtemps, les Caridines les plus primitives sont toutes arm6es d'un trbs-long rostre qui se relbve la pointe et affecte la forme d u n sabre lateralement car6n6, muni en dessus d'une rangee de spinules, et en dessous d'un certain nombre de denticulations. Dans les exemplaires de notre eApbce qui se rapprochent le plus de ce type, le rostre (Pl. 27, fig. 2 ) presente une structure semblable; il atteint ou depasse legbrement l'extr6mit6
doi:10.1111/j.1096-3642.1913.tb00113.x fatcat:zvth5eqwrngkvfruuodkpjgaqi