Armut im Mittelalter, hg. von Otto Gerhard Oexle, 2004

Olivier Richard
2018
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more » ... werden. Armut im Mittelalter, hg. von Otto Gerhard Oexle, Ostfildern (Jan Thorbecke) 2004, 404 p. (Vorträge und Forschungen, 58), ISBN 3-7995-6658-9, EUR 54,00. Comme le rappelle l'éditeur scientifique dans son bref mot d'introduction, l'histoire de la pauvreté n'est devenue un objet d'étude que très tardivement en Allemagne, en particulier pour la période médiévale. Ce volume, issu d'une rencontre de la Reichenau, comble une partie du retard, en se concentrant sur un champ précis. Les neuf contributions et la synthèse finale ont en effet pour objectif d'étudier la pauvreté et les pauvres au Moyen Âge dans les discours et les pratiques, en mettant l'accent sur les formes sociales de la pauvreté, mais plus encore sur ses représentations. Les travaux excluent donc d'emblée la pauvreté volontaire ou la pauvreté spirituelle; ils ne couvrent d'autre part que l'Occident, pour ne pas dire l'Empire (à deux exceptions près), et surtout les deux derniers siècles du Moyen Âge. Le volume commence par une courte mais très réussie ouverture interdisciplinaire. L'historien de l'art Thomas Raff commence par une sélection de personnifications de la pauvreté, de la Dame Pauvreté de Giotto dans la basilique Saint-François d'Assise à plusieurs peintures et gravures du XVI e siècle, avant de présenter des oeuvres opposant des figures de riches et de pauvres. Il part ainsi à la recherche des signes extérieurs de la pauvreté dans l'iconographie médiévale, et retrace l'évolution conduisant de la célébration de la pauvreté volontaire à l'expression de la pauvreté subie, vécue comme déchéance. Celle-ci se manifeste par les haillons, le nomadisme forcé (le pauvre est toujours en mouvement alors que le riche est bien planté sur ses jambes), la bouche ouverte qui crie sa faim, ou encore la taille du pauvre, toujours plus petit que le riche. Les vingt planches de reproduction des oeuvres analysées sont magnifiques. Dieter Kartschoke présente dans une contribution de 50 pages la pauvreté dans la poésie médiévale allemande des XII e et XIII e siècles pour l'essentiel. Il adopte d'abord une démarche philologique, en examinant la polysémie du mot arm (signifiant à la fois miser et pauper), qui qualifie celui qui a perdu son statut social ou a plongé dans la misère morale, tout homme travaillant de ses mains, mais a une connotation positive lorsqu'il désigne l'homme humble. La pauvreté dans la poésie est d'abord celle dont se plaint le poète, Walther von der Vogelweide, Wolfram von Eschenbach ou Oswald von Wolkenstein -ou le narrateur dans leurs écrits; même les souris ne trouveraient rien dans son logis, dit Wolfram. La littérature didactique produit une image très nuancée de la pauvreté, synonyme de déchéance, mais qui, si elle est supportée dignement, conduit au Ciel. Dans le roman courtois, c'est surtout le noble appauvri que l'on rencontre, que son état soit subi ou choisi, et que la narration s'accompagne ou non de considérations sur la pauvreté spirituelle. Enfin la littérature édifiante, qui donne des descriptions vivantes de l'état de pauvreté, appelle surtout à la charité envers ceux qui en sont victimes. Beate Schuster invite ensuite, dans une contribution originale sur »La voix du faux pauper. Le récit de croisade de Raymond d'Aguilers et la question des pauvres«, à lire ce texte non comme la narration authentique d'un témoin naïf mais bien plus comme une fiction littéraire datant au plus tôt de la fin du XII e siècle, écrite en réaction aux »campagnes publicitaires« en faveur des troisième et quatrième croisades. Loin d'être la voix des pauvres, Raymond critiquerait, en le conduisant ad absurdum, le discours de justification des croisades par l'idéal de pauvreté (la croisade comme imitation du Christ): son oeuvre serait une parodie. Joseph Morsel se lance dans une histoire du discours sur la pauvreté et la noblesse. Il remet en cause l'idée reçue qui assimile, dans le couple potens/pauper, automatiquement le potens au noble, censé secourir le pauper, et demande de ne pas considérer les catégories »noblesse« et »pauvreté« comme des invariants historiques et de se garder des pseudocontinuités. Dans un premier temps Morsel réfute l'idée traditionnelle de l'appauvrissement de la noblesse à la fin du Moyen Âge, que les sources ne permettent pas de constater, et appelle à faire l'examen du discours produit sur la pauvreté en relation avec la noblesse. Dans les traités mettant en scène les valeurs aristocratiques, la pauvreté apparaît d'abord comme un défi adressé au noble pauvre, qui doit l'affronter comme on l'attend de lui pour Armut im Mittelalter
doi:10.11588/fr.2007.1.49699 fatcat:jarhy7asmrdbhb3lrlaejwkymi