Les reprises du dispositif narratif de Rear Window chez Brian De Palma

Alain Boillat
2004 Décadrages  
Référence électronique Alain Boillat, « Les reprises du dispositif narratif de Rear Window chez Brian De Palma », Décadrages [En ligne], 3 | 2004, mis en ligne le 29 avril 2013, consulté le 30 septembre 2016. URL : http:// decadrages.revues.org/555 ; DOI : 10.4000/decadrages.555 Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. ® Décadrages De Palma 45 Les reprises du dispositif narratif de Rear Window chez Brian De Palma par Alain Boillat J'apprenais à communiquer selon la grammaire
more » ... a grammaire hitchcockienne, à utiliser ses intrigues, ses personnages. [...] Afin de comprendre ses méthodes de travail, et ayant de mon côté des idées très influencées par ses constructions originales et ingénieuses, j'ai commencé à faire des films ressemblant à des méditations sur Psychose, Vertigo, etc. [...] Je savais ce que je faisais lorsque je travaillais sur les thèmes [« ideas »] de Hitchcock. Je me fichais qu'on m'accuse de plagiat [« imitator »] ou de choquer les gens parce que ça se fait dans l'art depuis la nuit des temps. En réalité, j'étais un disciple de Hitchcock, comme si j'avais été en cours avec lui. Je le comprenais mieux, je voyais ce qu'il voyait. Je me fichais de ce que les critiques pensaient, parce que la plupart des critiques ont dix ans de retard sur ce qui se fait. Brian De Palma De Palma et le pastiche hitchcockien Dans cet extrait d'un entretien récent 1 , le réalisateur Brian De Palma commente le rapport qu'il entretenait avec l'oeuvre d'Alfred Hitchcock dans les années 70 et 80, période durant laquelle il s'est essentiellement illustré dans un genre spécifique, le thriller. Pour parler de l'héritage hitchcockien, il reprend des arguments qu'il avance depuis Soeurs de sang (Sisters, 1972), contraint d'adopter une attitude défensive ou une pseudo-indifférence face à la critique américaine qui l'accusait de piller Hitchcock de manière éhontée. Sa justification s'origine dans l'affirmation d'une connaissance intime des films du « Maître » qui lui permettrait de s'identifier à ce dernier et l'autoriserait plus que tout autre à juger de ses propres innovations 2 . Souvent, De Palma tente d'expliquer sa démarche à l'aide de comparaisons qui ont trait soit à De Palma Dossier : Hitchcock côté cour 1 De Palma les années 60, documentaire de Luc Lagier et Amaury Voslion, Arte, 2002-2003, disponible sur le DVD Brian De Palma années 60, GCTHV, 2003. Nous reproduisons ici le texte qui figure en sous-titre dans cette édition. 2 « Ils ne pensent pas comme lui. Et je peux comprendre à quel point ce qu'il faisait était génial. [...] Moi, je comprends pourquoi Hitchcock a choisi tel plan plutôt qu'un autre, je peux mesurer l'étendue de son génie » (in Brian De Palma, Entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Editions Calmann-Lévy, Paris, 2001).
doi:10.4000/decadrages.555 fatcat:wps7u6zgmjgmzogyt27jaz5ep4