Heidegger et la métaphysique : vers un double dépassement

Laurent Giroux
1975 Philosophiques  
Découvrir la revue Citer cet article Giroux, L. (1975). Heidegger et la métaphysique : vers un double dépassement. Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter en ligne. [https://apropos.erudit.org/fr/usagers/politiquedutilisation/] Cet article est diffusé et préservé par Érudit. Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé
more » ... l'Université de Montréal, l'Université Laval et l'Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. www.erudit.org Tous droits réservés © Société de philosophie du Québec, 1975 HEIDEGGER ET LA MÉTAPHYSIQUE : VERS UN DOUBLE DÉPASSEMENT par Laurent Giroux Une lecture attentive des textes de Heidegger qui concernent directement la métaphysique nous a permis de déceler dans son discours une double ambivalence, -ce qui ne veut pas nécessairement dire ambiguïté ou antinomie, -la première touchant la notion même de 'métaphysique' et la seconde le mode de son dépassement possible. En effet, le terme 'métaphysique' désigne à la fois, chez Heidegger, le rapport à Vêtre même qui constitue l'essence de l'homme *, et Y oubli de Vêtre qui caractérise l'ontologie traditionnelle. D'autre part, le dépassement (JJb erwindung) de la métaphysique se présente tour à tour soit comme un retour au fondement ou une fondation, soit comme une destruction ou déconstruction, soit encore comme le destin historique en vertu duquel la métaphysique serait d'elle-même surmontée ou vaincue. Cette double ambivalence, dont nous allons voir qu'elle s'emboîte dans la dualité de l'existence authentique et inauthentique de l'être humain, telle que définie dans Sein und Zeit, crée une certaine confusion qui rend la lecture de Heidegger souvent laborieuse et sa compréhension ardue. L'analyse suivante voudrait être une manière d'avertissement contre les simplifications trop hâtives. Vu que notre essai se présente comme un examen attentif des textes eux-mêmes pour les éclairer les uns par les autres et 1. La manifestation la plus immédiate de ce rapport est la compréhension spontanée que nous avons de Vêtre lorsque quelqu'un dit, par exemple : Ce merisier est (ou n'est pas). tenter d'en dégager une vue unitaire par delà l'ambivalence apparente ou réelle, nous serons forcés de multiplier les citations au risque d'alourdir quelque peu notre exposé. Ce dont nous nous excusons auprès du lecteur 2 .
doi:10.7202/203031ar fatcat:rzv4hqpcw5byvjslbxb2rqfqcq