Laboratoire d'Anthropologie Anatomique et de Paléopathologie de Lyon LES BLESSURES ET LEUR TRAITEMENT AU MOYEN-AGE D'APRES LES TEXTES MEDICAUX ANCIENS ET LES VESTIGES OSSEUX (GRANDE REGION LYONNAISE) Tome 2 : Les textes Médicaux

Raoul Perrot, Henri De Mondeville
unpublished
c e q u i l ' a u r a amené à f r é q u e n t e r de nombreux champs de b a t a i l l e . Henri e s t l ' a u t e u r d'une monumentale C h i r u r g i e , que l a maladie (vraisemblablement l a t u b e r c u l o s e ) ne l u i permet p a s d ' a c h e v e r . I l e s t dommage pour nous que c e s o i t justement l e q u a t r i è m e t r a i t é , q u e 1 '~u t e u r v o u l a i t c o n s a c r e r aux f r a c t u r e s , q u i manque ! Maître Henri, f i d è l e à son M a î t r e mules de
more » ... t r e mules de cataplasme, empltttre, pigment u t i l i s é s par Henri deux symboles classiquement employés dans les antidotaires médiévaux, à savoir : Le lecteur trouvem dans l e Glossaire général l e s symboles correspondant aux mesures de poids suivantes : & , 1 / 2 grain, m, once, scrupule. ' ciens : La première fut celle des Salernitains, c'est-à-dire de Roger, Roland, des quatre Ilaîtres, dlAlphan et de leurs adeptes. Ils donnaient indifféremment à tous les blessés pour aliments, des herbes, des fruits, etc, et ne leur permettaient jamais de-viande ni d'aliments semblables ; pour toute boisson ils donnaient de la ptisane (ptisana) , de l'eau bouillie et ne permettaient jamais une goutte de vin pur, ni mêlé d'eau. Ils élargissaient toutes les plaies, sauf celles qui étaient très grandes, les remplissaient toutes de tentes jusqu'en haut, et provoquaient ainsi dans toutes les plaies un apostème chaud. La seconde secte fut celle de maître Guillaume de Salicet, de maître Lanfranc et de leurs adeptes. Ils furent moins défectueux que les premiers et corrigèrent un peu la première secte, car ils donnèrent à certains blessés du vin et des viandes, ainsi aux gens faibles, dans les temps froids, aux gens à constitution froide et molle, aux femmes par exemple, et à ceux qui ont l'estomac faible. Aux autres, ils donnèrent de la ptisane, de l'eau bouillie ou de l'eau avec du verjus (agres ta) ou avec du vin de grenades, des herbes, des fruits, des amandes, etc., par exemple aux jeunes gens chauds et secs, dans les époques chaudes, etc. Ils agrandissaient certaines blessures, d'autres pas, ils mettaient des tentes dans les unes et pas dans d'autres ; dans certaines plaies, par exemple dans celles de la tête, ils extrayaient les os avec violence, dans d'autres ils ne les enlevaient pas. La troisième secte fut celle de maître Hugues de Lucques, de frère Théodoric et de leurs adhérents modernes. Ils ajoutèrent aux deux sectes susdites certaines choses excellentes, et les corrigèrent en plusieurs points, faisant faire à leurs blessés beaucoup meilleure chère. Ils leur donnent à tous indifféremment, pour unique boisson, de bon vin pur sans mélange d'eau, mais en petite quantité, et ils ne leur accordent pas une goutte d'eau, de ptisane ou de boisson de ce genre. Pour tout aliment, ils donnent de bonnes viandes digestibles, des oeufs et du pain, et ne permettent aucun des aliments indiqués plus haut, tels que légumes, fruits et semblables. Jamais ils n'agrandissent une plaie, jamais ils ne mettent de tentes ; jamais ils n'extraient les os avec violence dans les plaies de la tête avec fracture du crâne, quelque écrasés ou brisés qu'ils soient. , sont sans perte de substance ; la cinquième plaie est avec incision et perte de substance ; la sixième est avec contusion et perte de substance. Le blessé demande qu'on suive la manière d'opérer des anciens, pour cinq raisons : 1 " parce qu'il est certain que d'autres ont été guéris par cette méthode, tandis qu'il n'est pas encore renseigné sur la nouvelle, il ne veut donc pas abandonner ce qui est certain pour 1' incertain ; 2" il préfère l'eau au vin, parce que c'est jusqu'à présent l'opinion générale qu'aucun blessé ne doit boire de vin ; 3" il est pauvre et il lui est plus facile d'avoir de l'eau que du vin, surtout dans certaines contrées ; 4" il n'a pas pu avoir au premier moment un chirurgien qui opérât selon la méthode nouvelle ; 5" il n'a jamais bu de vin. Ce malade a, ainsi qu'on a vu, six plaies diverses ; le sang coule des unes et pas des autres ; les unes sont grandes, les autres petites ; de même les unes sont avec fracture du crâne, d'autres sans fracture ; les unes avec une fracture qui pénètre profondément, les autres avec une fracture non pénétrante. C'est là tout ce que considère l'ancien chirurgien. * Si la fracture du crâne pénètre jusqu'à la cavité intérieure, que des fragments d'os adhèrent ou non, ils font dans le crâne une grande plaie ; ensuite ils traitent l'une et l'autre plaie par les seules étoupes et le blanc d'oeuf jusqu'à la fin, conmie dans les plaies qui sont sans lésion du crâne, sans rien y ajouter ou retrancher. Par ce traitement il meurt plus de gens qu'il n'en guérit, et le traitement de ceux qui en réchappent se prolonge jusqu'à trois mois ; en outre par suite de l'extraction et de la perte de morceaux du crâne on reste exposé pour 1' avenir, et pour toujours valétudinaire. Quant au régime que les anciens font suivre à tous les blessés, même s'ils souffrent d'une fièvre continue, c'est celui qu'on a décrit plus haut. Procédé e t ordre du pansement des d i f f é r e n t e s blessures selon l e s modernes. , e t b o i r a seulement du bon v i n pur, e t i l s e r a gouverné comme on v e r r a p l u s bas au chap i t r e de l a d i è t e des b l e s s é s . S i l e c r â n e e s t l é s é jusqu'à l a c a v i t é i n t é r i e u r e il b o i r a du piment, a i n s i qu'on l e montrera ci-dessous. Tout b l e s s é d o i t ê t r e l a i s s é en repos a p r è s l e premier pansement, e t c e l u i -c i ne d o i t pas ê t r e changé avant l e quatrième ou l e cinquième j o u r , ou avant que l a g u é e s o n s o i t complète, à moins que l a douleur n ' a i t augmenté après l e premier pansement, ce q u i a r r i v e rarement s ' i l n ' y a pas eu d ' e r r e u r s ou s i quelque contingent n ' a pas é t é omis. S i l a douleur augmente, à quelque moment que ce s o i t , on o u v r i r a immédiatement l a p l a i e , e t on l a t r a i t e r a , comme on l e f e r a v o i r p l u s b a s au c h a p i t r e De Z'apostème chaud, p a r un emplâtre d e mauves e t d ' a u t r e s , jusqu'à c e que l a douleur s ' a p a i s e ; une f o i s q u ' e l l e e s t a p a i s é e , on r e v i e n t au t r a i t e m e n t de l a p l a i e , de l a même façon qu'avant. De ce q u i a é t é e t s e r a d i t , on peut v o i r , me semble-t-il,que l e pansement des plaies d'après la méthode des aneiens e s t défectueux, dans chacune de s e s p a r t i e s , e t e n s u i t e dans son t o u t , en e f f e t : é c a r t e n t e t comme conséquence amènent une s é c r é t i o n (1) e t e n t r e t i e n n e n t l'écoulement du sang. La v e r t u e s t plus a b a t t u e p
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