Les déceptions dans l'élevage de la truite - Causes et remèdes

L. LEGER
1936 Bulletin Français de Pisciculture  
Suite) Mortalité accidentelle. -Si l'eau avait été, au début, reconnue favorable, il faudra songer à une réduction ou à un brusque arrêt du débit entraînant réchauffement et une insuffisance d'oxygène (obstruction des conduites par un éboulement, une rupture, une « queue de renard », touffe de radicelles, etc.), ou encore à un déversement intempestif de substances norives, accidentel ou malveillant. Je rappellerai aussi, au sujet de ces mortalités brusques, que dans de petits élevages urbains
more » ... élevages urbains ou suburbains dont l'eau provient d'une conduite présentant un siphon sur son trajet, il peut arriver, lorsque cette conduite ne travaille pas à pleine charge, qu'elle entraîne de l'air qui, surcomprime dans l'eau au moment où celle-ci sort du robinet, se détend brusquement sous forme d'une infinité de bulles microscopiques (eau laiteuse). Une telle eau provoque en quelques heures la mort des petits poissons, car l'air qu'ils absorbent ainsi en excès se détend dans leurs vaisseaux, produisant des embolies gazeuses qui arrêtent brusquement le cours du sang. On reconnaîtra facilement les victimes de ce « coup de siphon » en examinaat à la loupe les fins vaisseaux des nageoires daps lesquels on verra de fines bulles d'air emprisonnées. Souvent même une grosse bulle d'air (s'accumule dans la région antérieure du corp9 ou autour des yeux et les alevins déséquilibrés se tiennent, vivement agités, dans une position verticale, la queue en bas, avant de mourir. C'est le phénomène que j'ai désigné sous le nom de « danse macabre ». Dans ce cas, heureusement rare, il n'y a qu'une chose à faire : arrêter immédiatement le débit de l'eau et laisser les poissons qui ne sont pas encore trop gravement gazés se remettre d'eux-mêmes dans une eau redevenue rapidement normale. Si l'on ne peut trouver d'autre eau d'alimentation, on pourra essayer, avant d'abandonner l'élevage, de débarrasser préalablement l'eau de cet excès gazeux en la faisant cheminer à ciel Article available at
doi:10.1051/kmae:1936014 fatcat:3lkyl4rjpfh2npm73ikvldxnkq