Des bacheliers professionnels sur le pont des Arts, du rêve à la réalité ?

Magali Danner, Christine Guégnard
2015 Formation emploi  
Revue française de sciences sociales | Juillet-Septembre 2015 Le Bac Pro a 30 ans Des bacheliers professionnels sur le pont des Arts, du rêve à la réalité ? Vocational baccalauréat holders holding onto their dreams on the pont des Arts ? Berufsabiturienten auf dem Kunstweg, Traum oder Wirklichkeit ? Bachilleres técnicos sobre el puente de las Artes, ¿del sueño a la realidad ? Référence électronique Magali Danner et Christine Guégnard, « Des bacheliers professionnels sur le pont des Arts, du
more » ... nt des Arts, du rêve à la réalité ? », Formation emploi [En ligne], 131 | Juillet-Septembre 2015, mis en ligne le 15 octobre 2017, consulté le 19 avril 2019. Résumé n Des bacheliers professionnels sur le pont des Arts, du rêve à la réalité ? Face au champ des possibles des formations, les classes préparatoires aux écoles supérieures d'art constituent un choix original pour un jeune, encore plus pour un bachelier professionnel. Élèves atypiques dans des classes atypiques, leur présence interpelle : pour quelles raisons choisissent-ils ces études, quels sont leurs objectifs et qu'attendent-ils de l'année préparatoire ? Les déterminants de l'orientation de ces bacheliers professionnels, invisibles au sens statistique, sont abordés à partir des représentations des jeunes. Mots-clés : enseignement art-architecture, CPGE -classe préparatoire, baccalauréat professionnel, politique de l'éducation, poursuite d'études, accès a l'enseignement supérieur, orientation scolaire-professionnelle, sélection Abstract n Vocational baccalauréat holders holding onto their dreams on the pont des Arts? In the context of the scope of the possibilities of higher studies, prep art schools are a novel choice for youths, even more so for those with a vocational baccalauréat. Atypical students in atypical classes, their presence begs the questions: why do they choose these studies, what are their goals and what they do expect of this preparatory year? he determinants of the choices of these youths, who are invisible in the statistical sense, are discussed from the point of view of their representations. DOSSIER La mise en place, en décembre 2014, d'une mission de rélexion sur l'ouverture d'une nouvelle ilière post-baccalauréat pour les bacheliers professionnels est l'opportunité de s'interroger sur la place de ces jeunes dans l'ofre globale des formations supérieures. La création du baccalauréat professionnel, en 1985, répondait à un double objectif : favoriser l'entrée immédiate dans la vie active et mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat en 2000... mais après ? (Beaud, 2002). Ce diplôme a connu un développement rapide, accentué par les dernières réformes de l'enseignement professionnel. Une récente publication du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (2015) constate que 31 % des bacheliers sont désormais diplômés d'un baccalauréat professionnel. Par ricochet, la part des bacheliers professionnels qui entreprennent des études supérieures l'année suivant leur diplôme progresse depuis treize ans et s'établit à 33 % en 2013 hors alternance (17 % en 2000). Plus de 80 % d'entre eux souhaitaient poursuivre des études en sections de techniciens supérieurs (STS), où ils sont accueillis de droit dès lors qu'ils ont une mention bien ou très bien 1 . Dans les faits, cependant, seuls deux sur cinq y sont efectivement admis. L'orientation vers l'université peut devenir alors un choix par défaut (Felouzis, 2001) « teinté de déception » (Paivandi, 2011), voire « une impasse » (Beaud, Pialoux, 2001. Cette alternative est d'autant plus mal vécue que la probabilité d'être diplômé est faible. De fait, 15 % des bacheliers professionnels sont toujours en licence trois ans après leur première inscription, alors que le taux de réussite en BTS (brevet de technicien supérieur) est de 50 %, toutes spécialités confondues (MENESR, 2015). Quant à leur présence en classes préparatoires publiques aux grandes écoles (CPGE), elle reste anecdotique. Ceci est notamment le cas pour les classes préparatoires publiques aux écoles supérieures d'art. Celles-ci, avec moins de 500 élèves inscrits, sont d'ailleurs elles-mêmes absentes des tableaux statistiques, se situant dans l'ombre des CPGE qui regroupent 34 700 étudiants en première année à la rentrée 2013.
doi:10.4000/formationemploi.4505 fatcat:ym4godfuojanbmm4mwuud4t6ny