Un nouvel internationalisme comme alternative au néolibéralisme

Daniel Cirera
2002 Revue internationale et stratégique (En ligne)  
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more » ... est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) © Armand Colin | Téléchargé le 16/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) © Armand Colin | Téléchargé le 16/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) ENTRETIEN Un nouvel internationalisme comme alternative au néolibéralisme avec Daniel Cirera* ■ LA REVUE INTERNATIONALE ET STRATÉGIQUE DANIEL CIRERA ■ PASCAL BONIFACE -Y a-t-il, aujourd'hui encore, une réelle spécificité des communistes en matière de politique étrangère ? En quoi la pensée du Parti communiste français se distingue-t-elle de celle des autres partis politiques français ? DANIEL CIRERA -Si l'on veut bien considérer que la politique étrangère du PCF s'est toujours inspirée, sinon dans tous ses actes, du moins dans sa résultante, de l'émancipation nationale et sociale, on peut parler aujourd'hui de continuité. De ce point de vue, son engagement anticolonial constitue sans doute la manifestation la plus caractéristique de son identité. En revanche, si l'on perçoit les positions internationales du PCF à travers le rapport privilégié avec l'URSS, structuré par la guerre froide, on constatera une rupture. Non seulement par la force des choses -la disparition de l'URSS -, mais dans les principes qui guident l'approche générale des problèmes. La politique étrangère du PCF se fonde sur des valeurs humaines universelles dont il n'a pas, naturellement, l'exclusivité, mais qui l'identifient. Elles nourrissent son action qui peut se résumer en un mot : émancipation. Ce nom renvoie tout aussi bien à l'émancipation sociale qu'à l'émancipation des peuples. L'originalité du PCF réside dans sa conviction d'un dépassement possible et nécessaire des rapports sociaux capitalistes. Ce sont là les repères de sa politique étrangère. Celle-ci est aujourd'hui moins idéologique et plus pragmatique. Si elle s'affirme l'adversaire de la globalisation libérale, elle ne désigne pas d'ennemi type. Elle recherche la constitution de rapports de force favorables à la réduction des inégalités, au développement, aux coopérations, au désarmement et à la paix. Pour aller dans ce sens, nous croyons au rôle que la France peut jouer, en préservant et en développant une capacité propre d'initiative. Parmi les grandes puissances, il y a une originalité française en Europe, qui réside dans la promotion des droits humains, dans un héritage de valeurs, une certaine radicalité sociale, une conception du service public, de la laïcité, de la souveraineté ouverte au monde, de l'Organisation des Nations unies (ONU). Certains pensent qu'il n'y a plus de place pour une politique étrangère française forte à l'heure de l'Europe et de la mondialisation. Les récents événements démentent ces abandons. On le voit à certains moments, quand elle affiche une réelle autonomie d'initiative, au Proche-Orient, à l'ONU, au La revue internationale et stratégique, n°45, printemps 2002 * Responsable des relations internationales du Parti communiste français (PCF). © Armand Colin | Téléchargé le 16/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) © Armand Colin | Téléchargé le 16/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83)
doi:10.3917/ris.045.0049 fatcat:nre5ktzhyrf5ll7azbjedah6pm