Le traitement du placenta en Océanie. Des sens différents pour une même pratique (Commentaire)

Pascale Bonnemère
2000 Sciences sociales et santé  
Le traitement du placenta en Océanie. Des sens différents pour une même pratique Commentaire Pascale Bonnemère* L'article de Saura analyse la survivance de la pratique d'enterre ment du placenta dans des contextes d 'accouchement modifiés par la pré sence de structures médicales au sein desquelles la majorité des femmes de Polynésie française viennent désormais mettre leurs enfants au monde. Ces femmes accouchent donc aujourd'hui loin de chez elles, en l'absence des personnes traditionnellement
more » ... traditionnellement vouées à opérer le geste de l 'enfouiss ement du placenta dans la terre familiale. Ces facteurs pourraient consti tuer autant d'obstacles à la perpétuation de cette pratique ancestrale ; en fait, il n 'en est rien puisque, comme les enquêtes menées par l 'auteur le montrent, plus de la moitié des femmes récupèrent leur placenta pour le rapatrier là où elles résident, que ce soit en milieu urbain ou rural, et celles qui l'abandonnent ne le font que contraintes et forcées. En Polynésie, l'enterrement du placenta est donc aujourd'hui encore un geste qu'il est nécessaire d'accomplir et qui reste fortement porteur de sens. Cette situation est loin d'être unique en Océanie, comme le révèle un incident survenu au début des années soixante-dix chez les Anganen de Papouasie Nouvelle -Guinée (Southern Highlands Province). Merrett-Balkos, qui a séjourné dans un de leurs villages à la fin des années quatre-
doi:10.3406/sosan.2000.1496 fatcat:klxor5xvjbfydezd5p4dfvhdwi