Quelques maisons du vieux Montréal

E.-Z. Massicotte
1945 Les Cahiers des dix  
Montréal, jusqu'au XXe siècle se voyait, à l'angle de la rue Notre-Dame et de la place Jacques-Cartier, une longue maison qui atti rait l'attention; son peu'de hauteur, ses lucarnes perçant une toiture en pente, ses murs en pierres rustiquées, lui donnaient un air désuet; bref, cet ancien logis « ne présentait aucun caractère qui lui méritât la faveur des artistes ». A son côté, le château de Ramezay paraissait plus jeune et il l'était mais de peu d'années. Néanmoins, les fervents du passé
more » ... naient que la demeure sujet de cet article devait être im prégnée de souvenirs, car ainsi que l'a dit l'éminent académicien G. Lenotre « les maisons ont une âme faite dn bonheur, des peines, du labeur de ceux qu'elles ont abrités et toutes ont leur histoire secrète, romanesque ou joyeuse ». Mais comment le savoir? L'expérience nous apprend qu'il est plus facile de faire la généalogie d'une famille que de dresser la chronologie des propriétaires, possesseurs ou locataires d'un immeuble, surtout s'il est situé dans un quartier qui deviendra un centre d'activités municipales, commerciales et judiciaires. Par les archives notariales, les registres de l'état civil et diverses sources, il a été possible de recueillir des bribes de renseignements qui devraient intéresser ceux qui aiment les précisions. Le Juge d'Ailleboust des Musseaux Le 6 avril 1669, Messire Gabriel de Queylus, supérieur des MM. de Saint-Sulpice, cède à « noble Charles Joseph d'Ailleboust, sieur des
doi:10.7202/1080185ar fatcat:qw3jjwtmcbeffb54r74icbtt3u