L'ÉTRANGER AU PARADIS DANS LE CINÉMA FRANÇAIS DES ANNÉES 2000

Javier De, L Fuente, Un De Valladolid
unpublished
Si chaque pays, chaque état, a tendance à se voir comme un paradis, où l'on peut soit accueillir les étrangers, ceux qui ont eu le malheur de naître à l'extérieur, soit chercher à s'en débarrasser pour retrouver justement un prétendu état idéal, la France pendant longtemps a joué le rôle de « paradis particulier », prête à accueillir tous ceux qui devaient fuir leur pays d'origine, prête à faciliter l'accès à la nationalité, grâce a son droit du sol, éthiquement bien supérieur au droit du sang.
more » ... r au droit du sang. C'est bien comme ça que la culture française s'est énormément enrichie au XXe siècle, de la peinture à la littérature en passant par la chanson, de Picasso à Ionesco sans oublier Aznavour ou Sylvie Vartan. Cependant, il arrive que ce paradis devienne un enfer, baigné par les eaux troubles de Vichy, en tombant comme l'a très bien expliqué le politologue Sami Naïr, dans ses articles 1 , dans l'obsession compulsive de l'origine de l'autre, devenue un réflexe instinctif puisqu'on « essentialise » la propre identité des naturels de la communauté d'accueil. On a pu voir la version caricaturale de cette perversion avec le débat lancé en France autour de l'identité nationale. Il est intéressant de voir que Nicolas Sarkozy, élu président de la République Française en mai 2007, a voulu se présenter pendant sa campagne électorale, comme « français de sang mêlé », lors d'un meeting à Tours, il s'enflammait même, en réponse à Le Pen qui avait ironisé sur le « candidat venu de l'immigration » : « Je suis un enfant d'immigré. Fils d'un Hongrois, petit-fils d'un Grec né à Salonique, qui s'est battu pour la France pendant la Première Guerre mondiale. Ma famille venait d'ailleurs Mais dans ma famille on aime la France, parce qu'on sait ce qu'on doit à la France ». 2 Depuis son 1
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