La dérivation systolique des circulations extra-corporelles principe, appareillage étude expérimentale

J.-M. PAOLI, C. MALMEJAC, C. CHICHET, M. NOIRCLERC, V. DOR, J. HOUËL
1966 La houille blanche  
A la fin d'une intervention à coeur ouvert, entre le moment où, le coeur étant exclu, la circulation extra-corporelle (C.E.C.) assure la totalité du débit périphérique de l'organisme et celui où, la c.E.e. étant arrêtée, ce même débit est assuré entièrement par le coeur, il existe une phase intermédiaire pendant laquelle la perfusion, parce qu'elle est continue, se fait forcément à contre-courant par rapport il l'éjection ventriculaire. Si le myocarde ne dispose pas alors d'un excédent de
more » ... n excédent de puissance, il peut souffrir de cette compétition, et même de façon irréversible si la situation se prolonge. Afin de transformer l'injection continue des C.E.e chirurgicales usuelles en injection diastolique, on peut ouvrir un shunt au moment de la systole entre la ligne artérielle et le circuit intermécliaire de la e.E.c., la pompe de la C.E.e. est alors court-circuitée pendant que le coeur se contraete. Par la création d'une pcrte de charge dans le circuit artériel on provoque une diminution de la résistance à l'éjection ventriculaire gauche, tandis que la C.E.e. est «dérivée» pendant la systole: d'où le nom du procédé. Conçue comme un dispositif d'assistance cardiaque chirurgicale, la dérivation systolique d'une eir·· culation extra-corporelle pourra être également employée en assistance cardiaque médicale. * Chaire de chirurgie thoracique (PI'. .J. Dor), Faculté de Médeeine de Marseille, Département de chirurgie cardiaque (Pl'. .J. HoueI), Hôpital Salvator, 249, chemin de Sainte-J\Targuerite, 13 -Marseille (IX e ). Les bases physBologiques. Principe de la dérivation systolique des C.E.C. Pour assister le coeur par une c.E.e., il faut réaliser un apport d'énergie au système cardio-vasculaire (c'est-à-dire injecter du sang oxygéné dans le lit artériel) de façon telle que la fonetion cardiaque soit facilitée, c'est-à-dire le travail du coeur diminué. Si la première de ces deux conditions est facile à réaliser, nous verrons que la seconde ne l'est pas par les C.E.e. habi tuelles, conçues pour remplacer le cccur et non pour l'assister. II est donc nécessaire de connaitre les phénomènes qui régissent le travail du coeur, bases de toute assistance circulatoire par c.E.e. A -LE THAVAIL DU COEUH. Les dépenses énergétiques du coeur peuvent comporter ou non un effet mécanique direct: par définition, les dépenses sans efTet mécaniou «basales» ne peuvent être réduites par une assis tance circulatoire; les dépenses avec efTet rnécanique (travail du coeur) peuvent être évaluées par la mesure des phénomènes hémodynamiques produits par les systoles ventriculaires.
doi:10.1051/lhb/1966009 fatcat:hsyiooxesrghxisklhspqb255i