L'« utilitarisme » de l'inconscient en psychanalyse

Serge Lesourd
2009 La clinique lacanienne  
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more » ... uf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. La demande des patients qui s'adressent aux « psys » a fortement changé dans les vingt dernières années. Quand j'ai commencé à exercer, les patients venaient se plaindre d'une incapacité personnelle. Or, aujourd'hui, la grande majorité de ceux qui consultent un « psychanalyste » viennent se plaindre d'un ratage de la jouissance qu'ils attribuent à l'autre, au semblable, au social. Les patients anciens entraient en analyse dans un rapport déjà constitué à leur inconscient, ils pensaient qu'ils étaient pour quelque chose dans ce qui leur arrivait, sans savoir vraiment en quoi, et supposaient à l'analyste un « savoir » sur cet inconscient. Les patients actuels semblent ignorer qu'ils sont « responsables » de leur inconscient. Il semble même que, dans la majorité des cas, ils ignorent que leurs symptômes sont produits par leur inconscient. Les patients actuels ne possèdent pas leurs symptômes, ils les attribuent à une cause extérieure : ils sont victimes d'un traumatisme, d'une séduction. Ils peuvent aussi être en panne dans leur rapport de jouissance, ou bien « addictés » à un plaisir, mais il est très rare qu'ils se présentent comme acteurs (auteurs) de leurs symptômes, comme sujets de ceux-ci. Le premier travail du psychanalyste dans les entretiens préliminaires est donc de postuler qu'il y a, derrière ce discours qui attribue la faute à l'autre, derrière l'énoncé, un sujet. Un sujet qui parlerait au travers de ses
doi:10.3917/cla.016.0169 fatcat:2r5zqufoofapvcyahxz2yqh3le