Évolution de l'enclave frontalière de la Basse Californie de la zone libre au libre-échange

Marie-Carmen Macias
2004 Cahiers des Amériques Latines  
A U MEXIQUE, LES ZONES FRANCHES ont eu pour vocation de favoriser le développement économique et social des marges ainsi que leur intégration au territoire national. Au cours des années soixante, les mesures fiscales dérogatoires ont vu s'étendre leurs champs d'application des activités commerciales vers le secteur manufacturier. Cette extension s'inscrit dans le cadre d'une politique volontariste de développement industriel, circonscrite à la région de la frontière Nord fortement dépendante
more » ... ement dépendante des États-Unis, à la fois voisins et partenaires. Pendant longtemps, la franchise commerciale a bénéficié tant aux entrepreneurs locaux qu'aux particuliers en rendant possible le développement socio-économique de la région. Or, depuis la mise en application de l'ALENA, les zones libres n'existent plus en tant que telles mais des dérogations appliquées à un petit nombre de produits subsistent provisoirement dans les zones appelées désormais zonas fronterizas. Ainsi, la « zona libre de Baja California », enclave californienne au N.-O. du Mexique, est une des plus anciennes et des plus vastes zones franches mexicaines qui fut prolongée jusqu'à la signature de l'ALENA. Avec l'intégration du Mexique à la zone économique nord-américaine, le libre échange s'étend de la frontière au reste du pays. Si à l'échelle nationale le libre-échange ouvre les frontières, à l'échelle de l'État frontalier, traditionnellement ouvert aux échanges transnationaux ; il se traduit par une restriction du libre commerce. L'objectif de cette analyse vise à mettre en évidence les étapes et les espaces d'application des zones franches au Mexique comme une composante des relations économiques et politiques avec les Etats-Unis au travers du cas exemplaire de la Basse Californie. 90 CAHIERS DES AMÉRIQUES LATINES N°47
doi:10.4000/cal.7783 fatcat:me446wjiwfao7ij5vlkt3muojq