Neuropsychologie, plasticité et épilepsie infantile

Maryse Lassonde, Hannelore C. Sauerwein
2007 M S.Médecine Sciences  
L'épilepsie est l'affection neurologique la plus commune après la migraine : elle touche près de 2 % de la population. Elle apparaît le plus souvent durant la première année de vie et dans 75 % des cas avant l'âge de 18 ans. Parmi les enfants atteints, après quelques années de traitement, la moitié connaîtra un développement neurologique normal, l'autre moitié fera face à un pronostic sombre, tant sur les plans clinique que social et professionnel. Compte tenu des séquelles cognitives,
more » ... ognitives, neurologiques et sociales que les épilepsies chroniques entraînent chez l'enfant, une intervention chirurgicale est fréquemment envisagée. La callosotomie Très tôt, le service de neurologie du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine s'est fait connaître par son approche avant-gardiste dans le traitement de l'épilepsie infantile. En effet, en 1979 et à l'initiative de feu Dr Guy Geoffroy, neurologue, l'hôpital Sainte-Justine est devenu le premier établissement hospitalier à effectuer chez l'enfant une callosotomie -opération qui n'avait jusqu'alors été pratiquée que chez l'adulte épileptique dans quelques centres spécialisés aux États-Unis [1]. Cette option thérapeutique chirurgicale a pour but d'abolir la propagation de la décharge épileptique d'un hémisphère à un autre par les voies de communication inter-hémisphérique (soit le corps calleux). Elle est pratiquée pour traiter les cas d'épilepsies sévères et pharmaco-résistantes, notamment le syndrome de Lennox et Gastaut, les crises atoniques et toniques, les crises tonico-cloniques et l'épilepsie multifocale 1 . Les premières études neuropsychologiques que nous avons effectuées auprès des enfants callosotomisés, ou split-brain, ont d'abord eu pour objet de vérifier que la chirurgie pouvait être accomplie sans perturber leurs fonctions cognitives [1, 2] . Au contraire, comme l'intervention chirurgicale entraînait une atténuation des crises et une diminution de la médication chez plus des deux tiers d'entre eux, ces enfants manifestaient, 1 Bien que la section du corps calleux soit encore effectuée dans plusieurs centres, notamment dans le traitement des crises akinétiques, elle a été progressivement remplacée par d'autres approches telle la stimulation du nerf vague dans certains centres d'épilepsie.
doi:10.1051/medsci/20072311923 pmid:18021701 fatcat:pno5h3bnunbzrnt5mlo5pvc4la