Fiction, pluralité des mondes et interprétation

André Petitat
2006 A contrario. Revue interdisciplinaire de sciences sociales  
Distribution électronique Cairn.info pour BSN Press. © BSN Press. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord
more » ... terdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) Document téléchargé depuis www.cairn.info ---207.241.231.108 -17/02/2020 01:35 -© BSN Press Document téléchargé depuis www.cairn.info ---207.241.231.108 -17/02/2020 01:35 -© BSN Press 85 Vol. 4, N o 2, 2006 a contrario La sociologie de la littérature s'est donné pour vocation jusqu'ici de rapporter la fiction à la réalité sociale. C'est là que le problème commence, car les sociologues n'ont jamais pu se mettre d'accord sur la nature de cette réalité. Les pages qui suivent reprennent l'idée que l'univers humain est un composé de plusieurs mondes distincts, dont le monde de la fiction. L'hypothèse suivie est que ces mondes se sont construits en parallèle et non pas en dérivation d'un monde de base. Chacun de ces mondes peut traiter des autres dans son registre propre. Interpréter une action, un acteur, un événement consiste à les mettre en relation avec d'autres actions, acteurs et événements des autres mondes... et aussi du même monde. Cette pluralité des mondes symboliques repose sur la représentation, fondatrice de l'action. Le réel relationnel, pas ou peu réversible, procède du virtuel, réversible à volonté. La fiction, royaume des métamorphoses, pousse la tension de l'irréversible et du réversible à son comble pour mieux nous séduire, nous émouvoir, nous faire réfléchir, pour explorer des voies anciennes et nouvelles, dominantes ou marginales. Elle n'existe qu'à travers la lecture, c'est-à-dire l'entrée dans un monde fictionnel, sa reconstitution et son interprétation. Ces quelques pages explorent l'intérêt d'un croisement entre la pluralité des mondes et l'interprétation ordinaire des récits. En sociologie, nous sommes passés d'une période où les grands systèmes théoriques dominaient la scène à une autre, marquée principalement par la fragmentation de la recherche et la pluralité des modèles. Les macrothéories ont souvent élu une sphère d'activité en position dominante: économie, pouvoir, religion, valeurs et normes, etc. La société semblait alors se laisser appréhender comme un tout relativement cohérent, qui pouvait être pensé à partir d'un foyer central. Les marxistes ont beaucoup donné dans ce style, caractérisé par le fameux «en dernière analyse...». On se souviendra sans vraiment de nostalgie de certaines affirmations de Lucien Goldman, pourtant un des chercheurs les plus «soft» et les plus inventifs de cette tendance. Dans Pour une sociologie du roman, il fait de la «forme romanesque» la «transposition sur le Fiction, pluralité des mondes et interprétation André Petitat Document téléchargé depuis www.cairn.info ---207.241.231.108 -17/02/2020 01:35 -© BSN Press Document téléchargé depuis www.cairn.info ---207.241.231.108 -17/02/2020 01:35 -© BSN Press a contrario Vol. 4, N o 2, 2006 { Articles Fiction, pluralité des mondes et interprétation Vol. 4, N o 2, 2006 a contrario Fiction, pluralité des mondes et interprétation Articles } Vol. 4, N o 2, 2006 a contrario Fiction, pluralité des mondes et interprétation Articles }
doi:10.3917/aco.042.0085 fatcat:ek6zrn5kknew5hcyi2poeqkdwa