Quelle école pour demain ?

Albert Prévos, Agnès van Zanten, Rui Canário, Alan Wagner, Juan Carlos Tedesco, Pascal Bouchard
2005 Revue internationale d'éducation Sèvres  
Quelle école pour demain ? », Revue internationale d'éducation de Sèvres [En ligne], 40 | décembre 2005, mis en ligne le 25 novembre 2011, consulté le 30 septembre 2016. URL : http:// ries.revues.org/1365 ; DOI : 10.4000/ries.1365 Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. © Tous droits réservés Quelle école pour demain ? Table ronde Albert Prévos 1 :Quelle école pour demain ?C'est maintenant la part de prospective mais peut-être allons-nous rêver d'une manière réaliste, si cela est
more » ... iste, si cela est possible et si les deux termes ne sont pas antinomiques. Je remercie Agnès Van Zanten d'ouvrir ce débat. Agnès van Zanten :P lus modestement que de faire rêver sur l'école de demain, je voudrais dessiner quelques tendances que j'ai pu observer dans la recherche et qui me semblent importantes, ainsi que les plutôt positives pour l'avenir de l'école. Une question fondamentale est que l'école de demain s'inscrit dans un cadre sociogéographique nouveau. On assiste à un phénomène de globalisation avec une circulation beaucoup plus importante des idées et des individus, avec la constitution de nouveaux réseaux, avec le poids croissant des agences internationales et supranationales et on constate aussi, parallèlement, une diversification de plus en plus grande àl 'échelle locale, par le biais notamment de mouvements de population qui créent des contextes locaux nouveaux, en particulier sur le plan des cultures de l'immigration. Il y a une multiplication des acteurs qui interviennent àc en iveau et des demandes individuelles de plus en plus importantes. Concrètement, cela signifie que nos modèles d'École, qui ont été construits au XIX e siècle dans le cadre de la construction des États-nations, ne sont plus adaptés aujourd'hui. Ils peuvent peut-être se réadapter, il faut peut-être les changer plus radicalement, mais ils sont en tout cas inadaptés aux réalités actuelles. Le mode de prise de décision, qui reste très national, a très peu d'emprise sur ces phénomènes supra et sub-nationaux. Si l'on n'y prend pas garde, on verra nos systèmes se déconstruire par le bas sans que toute la mesure en ait été prise par le haut. L'apport des étudiants étrangers fait par exemple qu'un exercice classique comme la dissertation, en France, ne tient plus parce que les étudiants étrangers ne savent pas le faire. À terme, on ne fera plus de dissertations dans l'enseignement supérieur en France. Cela implique-t-il qu'on n'en fera plus dans l'enseignement secondaire ?Rui Canario rappelait que «ladiversité doit devenir la norme et non plus l'exception ». Pour moi, c'est peut-être le défi le plus important qui se pose de façon globale àl 'ensemble du système. N°40 -d écembre 2005 151 1. Les fonctions des intervenants sont précisées pp 169 et suivantes. revue internationale d'éducation-SÈVRES
doi:10.4000/ries.1365 fatcat:bep6kmwwyzgl7njzzo7mu5qv5e