Infrastructures publiques et financement privé : le paradoxe de la rentabilité financière

Alain Bonnafous
1999 Revue d économie financière  
D a décision d'investir dans un projet d'infrastructure est, certes, la plus spectaculaire des mesures de politique des transports, ne serait-ce qu'en raison des charmes des inaugurations (ou des manifestations de riverains). Pour autant, elle n'est que l'un des instruments de cette politique ; un instrument qui doit être utilisé en cohérence avec d'autres : doit-on décider d'investir sans qu'un financement soit assuré, sans qu'un principe de tarification d'usage de l'infrastructure soit établi
more » ... ructure soit établi ou encore sans que l'efficacité économique du projet soit évaluée et prise en compte ? Raisonnablement on ne le doit pas 1 . Or le mode de financement, le dispositif de tarification ou les critères d'évaluation sont bien, également, des manettes de la politique de transport qui forment, avec la décision d'investir, une sorte de carré magique. Un carré d'options 2 qui doivent assurer le développement des réseaux selon le meilleur rendement social possible des ressources qui leur sont affectées. Un carré magique, car elles doivent l'assurer ensemble, ce qui est moins simple que ne le suggèrent les prescriptions de la théorie économique. C'est ce défi que nous nous proposons d'explorer, en commençant par esquisser les difficultés qui apparaissent lorsque l'on passe d'une logique d'investissement d'une entreprise privée à un investissement qui s'inscrit dans une raison économique d'Etat. DU PRIVÉ AU PUBLIC Le carré est, en somme, moins magique lorsque l'on se place dans la seule logique marchande, comme celle qui préside à l'investissement industriel ou comme celle qui a alimenté le développement de notre réseau ferré, au XIX ème siècle, dans sa phase la plus dynamique. Etablie
doi:10.3406/ecofi.1999.3375 fatcat:pmmhg2x73bhlxkxap7j2bz4ztu