Lasers multicolores pour le diagnostic cellulaire

Nelly Rongeat, Philippe Nerin, Vincent Couderc, Philippe Leproux, Guillaume Huss
2012 Photoniques  
Le diagnostic cellulaire est actuellement basé sur les mesures électriques et optiques de multiples paramètres associés aux cellules constituant le sang. L'utilisation de la technique de la cytométrie en flux permet d'obtenir rapidement les caractéristiques de chaque cellule grâce à leur défilement contrôlé devant une ou plusieurs fenêtres d'analyse : on mesure ainsi leur taux de fluorescence, leur diffraction ou leur impédance. Pour cela la combinaison de plusieurs sources laser émettant des
more » ... aser émettant des rayonnements continus à différentes longueurs d'onde est nécessaire mais reste relativement complexe et coûteuse. L'arrivée sur le marché de sources multicolores ultracompactes (de type continuum) permet une amélioration significative du système d'excitation optique ce qui va contribuer à obtenir un meilleur dépistage des maladies sanguines. Le choix plus grand des longueurs d'onde et la maîtrise parfaite de leur écartement spectral apportent de nouvelles solutions pour la discrimination cellulaire et cela avec une précision accrue. Lasers multicolores pour le diagnostic cellulaire La situation aujourd'hui Un marché très important En France, les analyses médicales représentent 2,5 % des consommations de soins et de biens médicaux, soit 4,5 Md€ sur les 175,7 Md€ (2009) que représentent l'ensemble des investissements. Néanmoins, ces dépenses liées au diagnostic influencent 70 % des décisions médicales constituant ainsi un poste de coût qui pèse fortement sur les collectivi-tés. De plus, ces dépenses ne cessent de croitre dans les pays de l'OCDE avec une progression de près de 10 % entre 2000 et 2003. Cette tendance globale montre une réelle nécessité d'améliorer le dépistage des maladies afin de pouvoir endiguer, très précocement, toute aggravation et prolifération. Pour cela une amélioration des matériels de diagnostic doit notamment être réalisée. En particulier, des analyseurs d'hématologie, capables en moins de quelques secondes de caractériser plusieurs dizaines de sous-populations cellulaires et d'identifier une cellule anormale parmi plusieurs milliers ou millions, doivent être développés. Processus de diagnostic et de soin L'acte de diagnostic commence le plus souvent par un prélèvement sanguin (figure 1). Celui-ci est analysé par un automate d'hématologie qui fournira dans un premier temps une analyse « de routine » des constituants du sang. Le praticien se livre alors à une première interprétation des résultats : -si les résultats ne mettent pas en évidence d'anomalie, le patient n'aura pas de traitement, -si le praticien peut faire un diagnostic à l'aide des résultats, il peut, en général, prescrire un traitement adapté. Mais dans certains cas, les résultats ne peuvent montrer qu'une anomalie sans pouvoir donner d'information directe sur le diagnostic. Dans ces conditions, le praticien va être obligé de prescrire une nouvelle analyse, cette fois avec un appareil plus complexe qui est appelé un cytomètre. Cet appareil coûteux n'est Figure 1. Représentation schématique du parcours de soin. Article disponible sur le site http://www.photoniques.com ou http://dx.
doi:10.1051/photon/20125850 fatcat:rjkpsytmybfvnhbz4kmy5d2n7y