Les effets du lieu de résidence sur l'accès à l'emploi : un test de discrimination auprès des jeunes qualifiés

Pascale Petit, Florent Sari, Yannick L'Horty, Emmanuel Duguet, Loïc du Parquet
2011 Economics and Statistics  
Cet article propose une mesure expérimentale des effets du lieu de résidence sur l'accès à l'emploi de jeunes qualifiés. Il s'agit non seulement de mesurer « un effet toutes choses égales par ailleurs », mais aussi de vérifier si cet effet est différent pour certaines catégories de population. Ainsi, la discrimination à l'embauche à l'encontre des jeunes est étudiée en Île-de-France à travers trois effets : réputation du lieu de résidence, sexe et origine (française ou maghrébine). Les données
more » ... bine). Les données résultent d'un protocole de testing : 3 684 candidatures ont été envoyées en réponse à 307 offres d'emploi pour une profession qualifiée et en tension, les informaticiens de niveau BAC+5, pour laquelle les discriminations devraient, a priori, être très réduites. Pour étudier la discrimination territoriale les candidats fictifs ont été localisés dans trois communes du Val-d'Oise : Enghien-les-Bains, Sarcelles et Villiers-le-Bel. Dans l'ensemble, une origine maghrébine n'apparaît pas discriminante pour les hommes. Elle est cependant plus pénalisante lorsque les candidats résident à Sarcelles : les hommes et les femmes y ont de plus faibles chances d'accéder à un entretien d'embauche (en CDI pour les hommes et quel que soit le poste pour les femmes). Une discrimination territoriale affecte exclusivement les femmes. Pour celles-ci, le fait de résider dans une commune défavorisée (Villiers-le-Bel ou Sarcelles) plutôt que dans une commune favorisée (Enghien-les-Bains) réduit la probabilité d'accéder à un entretien d'embauche. De plus les candidates d'origine fran 1 çaise qui résident à Villiers-le-Bel sont plus pénalisées que celles qui vivent à Sarcelles. En effet, elles habitent dans une commune qui a connu en 2007 des émeutes urbaines médiatisées, tandis que Sarcelles est également une commune défavorisée, mais moins médiatisée. Yannick L'HORTY, Université Paris-Est, ERUDITE et TEPP (FR CNRS nº 3435), 5 boulevard Descartes, Champs sur Marne 77454 Marne la Vallée cedex 2, yannick.lhorty@univ-mlv.fr Emmanuel DUGUET, Université Paris-Est, ERUDITE et TEPP (FR CNRS nº 3435), 61 avenue du Général de Gaulle, 94010 Créteil cedex, emmanuel.duguet@u-pec.fr Loïc du PARQUET, Université du Maine, GAINS et TEPP (FR CNRS nº 3435), avenue Olivier Messiaen 72085 Le Mans cedex 09, loic. du_parquet@univ-lemans.fr Pascale PETIT, Université d'Évry Val d'Essonne, EPEE et TEPP (FR CNRS nº 3435), 4 boulevard François Mitterrand 91025 Évry cedex, pascale.petit@univ-evry.fr Florent SARI, Université Paris-Est, ERUDITE et TEPP (FR CNRS nº 3435), 5 boulevard Descartes, Champs sur Marne 77454 Marne la Vallée cedex 2, florent.sari@univ-mlv.fr Cette recherche a été réalisée avec le soutien de l'Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l'Égalité des chances. Elle a bénéficié du suivi et des remarques de Sylvie Bouvier, Emmanuel Dupont et Jean-Pierre Papin ainsi que celles des participants au séminaire de l'EPEE, au séminaire du GAINS, à l'école thématique du CNRS « ETEPP » à Aussois, aux 27 èmes Journées de Microéconomie Appliquée à Angers et au Séminaire Fourgeaud de la DGTPE. Nous remerçions enfin Pierre Jacoboni et les rapporteurs anonymes de la revue pour leurs remarques constructives.
doi:10.3406/estat.2011.9711 fatcat:pnuuvhn54jbtpctzu77fmgtfwi