La valeur du yuan

Antoine Bouveret, Sana Mestiri, Henri Sterdyniak
2006 Revue de l'OFCE (En ligne)  
La sous-évaluation de la monnaie chinoise vis-à-vis du dollar est souvent dénoncée comme l'une des causes des déséquilibres mondiaux. Les autorités améri- caines soutiennent que la Chine manipule son taux de change tandis que la majorité des travaux empiriques estiment que le yuan est sous-évalué de 15 à 30 %. Cet article montre que les modèles de taux de change d'équilibre généralement utilisés ne sont pas pertinents pour une économie en développement telle que l'économie chinoise. La Chine
more » ... ffre d'un sous-emploi massif ; un taux de change sous-évalué au regard des critères traditionnels lui permet d'impulser la croissance vigoureuse nécessaire pour résorber son chômage. Plus généralement, le taux de change optimal d'un pays émergent ne peut être défini que relativement à une stratégie de croissance : plus le pays désire une croissance vigoureuse, plus il est prêt à faire un effort d'épargne, plus il doit pratiquer un taux de change faible. La première partie de l'article décrit les points saillants de la croissance chinoise depuis 1994, où la Chine est passée en change fixe avec le dollar : croissance élevée mais sous-emploi massif, faible inflation, accumulation massive de réserves, forts taux d'épargne et d'investissement. La deuxième partie présente et critique les évaluations du taux de change d'équilibre du yuan selon différentes méthodes. La troisième développe une maquette où le taux de change d'un pays en développement est volontairement fixé à un bas niveau pour permettre une croissance vigoureuse, de sorte que sous-évalué du point de vue des critères usuels, il est optimal du point de vue de la stratégie de croissance ; enfin, la quatrième partie montre la difficulté du choix d'un régime de change pour la Chine. . 2. Le solde commercial avec le Canada et le Mexique représente également 20 %, l'UE et le Japon environ 11 % chacun. Revue de l'OFCE 9 98 8 6. Avec une méthode identique, Coudert et Couharde (2005) trouvent une sous-évaluation du renmibi par rapport au dollar de 50 à 43 % pour 2003.
doi:10.3917/reof.098.127 fatcat:sudcqo7hnne3plotze7tbpbasa