Présentation

Jacques Anis, Georges Kleiber
2003 Linx  
Michel Galmiche a toujours manifesté une certaine distance vis-à-vis des rites universitaires. Je ne sais pas s'il aurait apprécié l'idée que dix ans après sa disparition, la revue rende hommage à son cofondateur, qui, dans le trio constitué par Michel Arrivé, Rémy Porquier et lui-même fut chargé de transformer en image ce calembour graphophonique -Linguistique Institut Nanterre Paris X -dont est issu ce joli nom qui a provoqué quelques erreurs dans des bibliographies. Notre couverture en
more » ... ise le résultat : cet oeil de chat sauvage (voir plus loin) où la tour de Babel de Bruegel, magistralement revisitée par la plume de l'artiste, figure le mystère des langues. Ce dessin prit aussi la forme d'une affiche qui présentait la diversité interne de la linguistique, particulièrement incarnée par les membres de notre département, affiche apposée sur la pièce de 10 m² qui abritait les casiers et servait de bureau à vingt linguistes. Michel, qui avait tissé à Nanterre de solides et fidèles amitiés dont témoigne ce numéro, laissa donc, outre des liens amicaux profonds, ce souvenir toujours vivant dans le Département, ainsi que le projet qu'il me revint de reprendre d'un cursus de Linguistique et Informatique, domaine où il avait été un pionnier, en participant à l'élaboration du programme qui permettrait l'interrogation en langue naturelle écrite des « pages jaunes ». A Paris III, il prit la lourde responsabilité du CARFI, institution qui mettait en oeuvre le plan « Informatique pour tous », au sein duquel il initiait les étudiants au langage Pascal, de manière humaniste, en linguiste non dépourvu d'humour. Je me rappelle notamment ce programme qui conseillait ou déconseillait de manger des huîtres selon le nom du mois. Un certain nombre de collègues apprécièrent aussi ces stages estivaux organisés à leur intention, studieux, ce qui n'empêchait pas une bonne humeur entretenue par le vin rouge du déjeuner. J.A. Langue au chat. Pour un autre ronron linguistique Le titre et le sous-titre ne sont pas de moi, ils sont de Michel Galmiche luimême, qui les a utilisés comme en-tête de son papier à lettres, dont il a fait profiter nombre de ses amis, et pour servir de nom à une virtuelle revue de linguistique cattophile. Leur choix s'imposait ici, car la multivocité réflexivo-ludique qui les anime constitue sans doute la meilleure introduction aux travaux de Michel. On y retrouve
doi:10.4000/linx.106 fatcat:ebpjgoma3bc5fp2j3ns4fey3fu