Cahiers d'Études sur la Représentation N°1-décembre 2016 L'« Ego » en terre sacrée

Hamid Jaafar, Faculté Polydisciplinaire, Maroc Safi
unpublished
Notre propos dans la présente intervention ne consiste pas à critiquer le cinéma palestinien ni à en décrire l'état de lieux de sa littérature cinématographique. Il s'agit plutôt d'analyser, dans le film documentaire « Je suis Palestine », l'« Ego » qui en traverse la trame narrative. Le propre d'un film documentaire n'est-il pas de subvertir les formes cognitives d'un discours courant par un effacement constant de l'« Ego » ? Ainsi, l'Ego dont il s'agit est un « Ego » qui représente en premier
more » ... présente en premier lieu une personne, le journaliste, en second lieu, un « Ego » qui dessine « La Route 60 », et qui n'est que la Cisjordanie, et finalement un « Ego », « Jérusalem », symbole religieux, qui est à l'origine du conflit israélo-palestinien. Ceci dit, après avoir longtemps été un cinéma militant, le cinéma palestinien est devenu inéluctablement un cinéma engagé. La production palestinienne s'avère, pour ainsi dire, multiforme et diversifiée. Dans « Je suis Palestine », thématiquement et visuellement, l'espace lui-même devient le personnage principal de ce documentaire. Trois facettes du conflit se chevauchent fréquemment : d'abord un quotidien « guerrier », puis une réalité impossible et enfin une question symbolique, Jérusalem, sous-jacente à toutes les questions essentielles, à l'origine de l'échec des négociations de paix. Ce sont trois aspects fort importants du conflit qui empêchent continuellement toute tentative d'accord. « Je suis témoin », « Je suis route 60 », « Je suis Jérusalem » sont autant de figures qui se substituent, ce qui indique la présence de plusieurs instances d'énonciation tout au long du documentaire.
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