Les Scolytes ravageurs du Pin sylvestre

J. LÉVIEUX, F. LIEUTIER, A. DELPLANQUE
1985 Revue Forestière Française  
Le Pin sylvestre constitue l'une des essences importantes dans les boisements du pays (1,1 million d'hectares actuellement) . A l'ouest, son aire naturelle de répartition semble se limiter dans nos plaines vers Haguenau, frontière, que le forestier lui a largement fait franchir . Peu exigeant par nature, il a souvent été planté sur sols pauvres hydromorphes, ce qui a facilité et facilite encore les attaques de diverses espèces d'insectes . Il abrite plusieurs Scolytes dont l'agressivité varie ;
more » ... agressivité varie ; Tomicus (= Blastophagus) piniperda L . et Ips acuminatus Gyllenhall pouvant attaquer les fûts d'arbres encore vigoureux alors qu'Ips sexdentatus Boerner (le « Sténographe ») serait plutôt un ravageur d'arbres affaiblis. CYCLE BIOLOGIQUE DE TOMICUS (= BLASTOPHAGUS) PINIPERDA Il existe dans nos contrées deux espèces de Scolytidae appartenant au genre Tomicus Eichhoff, T. piniperda L . et T. minor Hartig . La première espèce, de loin la plus commune, s'étend de la Russie à l'Atlantique et de la Scandinavie à la Grèce avec parfois des différenciations d'écotypes (cas de T. destruens sur le littoral méditerranéen ; Carle, 1973) . Ce Scolyte s'attaque à la plupart des espèces du genre Pinus (silvestris, pinaster, pinea, nigra, strobus . . .). T. minor, espèce paléarctique par excellence, présente le même spectre d'hôtes ; elle est cependant moins abondante que T. piniperda ; aussi exposerons-nous surtout le cycle biologique de cette dernière . On notera que, si les hôtes sont fréquemment identiques, les zones d'attaques sur une tige donnée varient, minor s'installant plutôt sous les écorces minces des zones sommitales et piniperda sous celles plus épaisses de la base des troncs. Les Tomicus sont des insectes allongés de taille moyenne (3 à 5 mm), dont le pronotum forme, de profil, un angle obtus avec les élytres . La couleur de T. piniperda varie du noir au brun foncé. T. minor, dont l'habitus ressemble à celui de l'espèce précédente, s'en différencie surtout par la taille (3,8 -4,4 mm) (figure 1). Les adultes essaiment dès les premiers beaux jours à des températures relativement basses (T > 12°C), ce qui les différencie déjà des autres Scolytes . Les attaques se portent alors sur les fûts ; les femelles forent un trou d'entrée dans une fente d'écorce sur un arbre propice et débutent une galerie de pénétration . Là, elles seront fécondées par les mâles qui les y rejoignent . Elles creusent ensuite, parallèlement au grand axe du tronc, une galerie de ponte longitudinale où les mâles les suivront pour fonder un couple unique . La femelle entaille des encoches dans les parois latérales de cette galerie et y dépose ses oeufs . Le système de ponte est donc simple, constitué d'un axe central longitudinal d'où partiront, en éventail, les faisceaux des galeries larvaires (figure 2) . Il n'existe évidemment pas, dans ce cas, de chambre d'accouplement . Dans un tel réseau, une femelle donnée pondrait de 60 à 120 oeufs. (') Un article des mêmes auteurs sur les Scolytes ravageurs de l'Epicéa a été publié dans notre numéro 5, 1985, pp .
doi:10.4267/2042/21835 fatcat:jhmmel4lcfg4rpctuaszblmvnu