Préface [chapter]

2020 Rayonnement synchrotron, rayons X et neutrons au service des matériaux  
Préface Ce livre traite d'un sujet toujours de grande actualité -quoique, à proprement parler, il ne soit pas nouveau, comme c'est la plupart du temps le cas en Science des Matériaux. Je me souviens qu'au début de ma carrière de chercheur, j'avais été frappé par le titre d'un article de F. Lazlo « Tessellated Stresses », publié en 1943 en quatre parties dans le J. Iron and Steel Institute. Sans aller chercher immédiatement la signification précise de « tessellated », je rapprochais dans ma
more » ... ochais dans ma mémoire ce qualificatif du terme bien connu : les tesselles, ces petits cubes qui sont les petites pièces de marbre ou de verre constituants des mosaïques. Il me semble que le terme est particulièrement évocateur de ces contraintes internes réparties à l'échelle microscopique. Je regrette de ne pas avoir pu consulter le commentaire que lui avait consacré Nabarro dans le cadre d'un Symposium on « Internal Stresses in Metals and Alloys » qui s'était tenu à Londres, en octobre 1947. Il serait intéressant de relire les compte-rendus de cette conférence pour mesurer la permanence des problèmes et réaliser la richesse des intuitions de nos prédécesseurs -une lecture qui mettrait en évidence tant les problèmes incontournables que les progrès significatifs -plus que significatifs, comme on le constatera à la lecture de ce livre ! -progrès dus aux méthodes expérimentales, au premier titre la diffraction des rayons X, puis sa parente la diffraction des neutrons et enfin la diffraction des électrons spécialement grâce à cette technique originale de diffraction interne des électrons rétrodiffusés, abrégée sous le sigle anglais EBSD. Au passage j'aimerais noter que cette dernière fut découverte par hasard en 1967 par Coates alors qu'il examinait avec son microscope à balayage un cristal de silicium -un bel exemple de « sérendipité » -au grand dam des illustres microscopistes théoriciens de son voisinage, initiateurs de la théorie dynamique du contraste, qui n'avaient pas prévu ce phénomène de diffraction, ni donc dirigé les expérimentateurs aux fins de le mettre en évidence. Le nom de son inventeur fut donc vite oublié... bien que le phénomène ait été très rapidement exploité par J.A.Venables dès 1973 sous le nom de diagramme de pseudo-Kikuchi pour connaître le développement fabuleux que l'on sait. Les lecteurs me pardonneront volontiers d'avoir évoqué au seuil de ce livre, par ces quelques lignes, certains souvenirs personnels d'un « vétéran ». Mais il est toujours bon de revenir sur l'histoire d'un domaine de recherche ou d'une technique expérimentale. Les publications un peu anciennes sont trop souvent oubliées ou ne font l'objet que de citations (parfois sans même qu'elles aient été lues !). Dans xxii THERMODYNAMIQUE DES MATÉRIAUX : ÉQUILIBRE DE PHASES ET MÉTASTABILITÉ
doi:10.1051/978-2-7598-0863-2.c003 fatcat:6sargzflgfepzml7edknoywkaa