Indigénisme, capitalisme, socialisme : l'invention d'une « quatrième voie » ? Le cas bolivien

Diégo Landivar, Émilie Ramillien
2009 L Homme et la société  
Distribution électronique Cairn.info pour L'Harmattan. © L'Harmattan. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf
more » ... t interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) © L'Harmattan | Téléchargé le 22/10/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.232.186) © L'Harmattan | Téléchargé le 22/10/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.232.186) L'homme et la société, n o 174, septembre 2009 -décembre 2009 Indigénisme, capitalisme, socialisme : l'invention d'une « quatrième voie » ? Le cas bolivien Diégo LANDIVAR et Émilie RAMILLIEN L'Amérique du Sud, de la région andine, connaît depuis quelques années, des bouleversements politiques importants qui cherchent à remettre en cause le modèle de développement et de civilisation « occidentaux » sur deux axes. Le premier axe peut être défini comme une critique envers le régime économique libéral emprunté par ces différents pays depuis le milieu des années quatre-vingt. Le deuxième axe, qui engage beaucoup plus la Bolivie et l'Équateur, réside dans une remise en cause profonde des structures historiques républicaines et de leurs dimensions assimilationnistes voire « colonialistes ». Ainsi, dans le cas de la Bolivie, les modèles politiques (démocratie occidentale) et économiques (protectionnisme nationaliste, libéralisme) sont accusés d'avoir écarté, depuis les fondements de la République, la plus grande partie de la population bolivienne notamment la population indigène. La victoire du Mouvement vers le Socialisme (Movimento Al Socialismo, MAS) en décembre 2005 (avec l'élection d'Evo Morales qui remporte 54 % des suffrages au premier tour) représente un véritable tournant dans la vie politique bolivienne. On s'intéressera dans cet article à l'étude du cas bolivien, qui représente le mieux la mutation d'un régime économique et politique en Amérique latine. En effet, l'objectif du gouvernement bolivien est d'inventer un modèle économique et politique sur des bases culturelles et historiques propres. Il s'agit donc pour le gouvernement bolivien de démontrer que l'avenir des nations, dans l'époque postcommuniste, n'est pas dans la convergence inéluctable vers un modèle social-démocrate, où la régulation se fait par le marché et les corrections se font par un État plus ou moins 1. Paysans producteurs de la feuille de coca.
doi:10.3917/lhs.174.0097 fatcat:gaifp6em3neydlgk6mj4dfnnvm