La mora le La différence éthique dans la pensée de Spinoza

Pascal Dupond
unpublished
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more » ... iques, la question où apparaît le plus nettement l'insuffisance de leurs concepts fondamentaux. Et il souligne que c'est dans le panthéisme, régi par le concept de l'immanence, que l'aporie devient la plus rude. Elle consiste dans l'alternative suivante : ou bien le concept d'un mal effectivement réel est admis, mais l'immanence exige alors de le poser dans la substance infinie ou la volonté originaire, qui ne correspondent plus, dès lors, à l'idée d'un « être le plus parfait de tous ». C'est la destruction de l'idée de Dieu. Ou bien la réalité du mal est refusée, mais avec elle s'évanouit le concept réel de la liberté. Spinoza, pense Schelling, a nié la réalité du mal. Cette lecture n'est pas sans fondement et peut être illustrée par la lettre XIX de Spinoza à Blyenbergh 2. Le correspondant de Spinoza formule l'aporie classique : ou bien le mal et le péché n'existent pas, Dieu par qui tout existe ne pouvant en être l'auteur ; ou bien le mal et le péché existent, et Dieu en est l'auteur. Il est nécessaire que l'une de ces deux propositions soit vraie, et pourtant elles sont également impossibles, l'une abolissant toute différence éthique, l'autre rendant Dieu responsable du mal. Spinoza, lui, écarte l'aporie, en montrant qu'elle est née d'une compréhension erronée du mal, celle qui consiste à considérer le mal comme quelque chose de positif.
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