Écoute(s) clinique, dialogue de sourds : peut-on s'entendre quand on ne parle pas le même langage ?

Julie Blanc-Bernard (Pascal)
2013 La psychologie vue par… les sciences humaines  
peut-on s'entendre quand on ne parle pas le même langage ? Julie BlANc-BrnNARD [PAsCAl) J 'ai souhaité centrer cette intervention sur la question de la différence des langages entre psychologues cliniciens. J'entends par là la différence des conceptions, référentiels théoriques que nous utilisons dans nos pratiques. Je souhaite ainsi témoigner d'un questionnement que j'ai eu comme psychologue stagiaire que je peux résumer ainsi : entre écoute cliniques et dialogue de sourds, comment s'entendre
more » ... uand on ne parle pas le même langage ? Le référentiel théorique que nous choisissons plus ou moins contribue à la construction de notre identité de psychologue. La rencontre d'un langage étranger, au sens d'un langage autre, différent, vient interroger le sens de notre attachement à nos théories. Elle peut nous amener à interroger notre identité de psychologue. Il me parait ainsi intéressant de réfléchir à ces questions dans une journée où nous nous penchons sur les processus qui sont en jeu dans la construction de notre identité de psychologue. Je vous propose ainsi de vous faire partager ce que m'a fait vivre, comme psychologue en devenir, la rencontre avec un autre langage. Ceci, pour observer comment cette rencontre est venue interroger mon identité professionnelle en construction et comment elle a ouvert des questions sur mon positionnement comme psychologue avec mes collègues. Je terminerai cet exposé en témoignant de ce que j'ai pu percevoir, de ma place, de la difficulté à travailler avec un ou une autre collègue et de ce qui s'y joue. Je souhaite remercier les trois psychologues qui m'ont accueillie dans cette institution et dire un mot du fait que j'intervienne en « solitaire "• Peut-être ce témoignage à une voix signe-t-il la difficulté à parler à plusieurs le même langage ? Peut-être aussi le fait d'être parvenue à me laisser parler, seule, est-il un signe de lâcher-prise ? Signe peut-être qu'il devient possible d'accepter que l'autre ne dise pas comme nous ce que nous pensons ? Durant mon stage, j'ai pris la place d'un témoin muet, incapable sur le moment de transmettre ce que cela me faisait vivre, comme psychologue stagiaire, d'être le Canal Psy n °106 20
doi:10.35562/canalpsy.1632 fatcat:dvgbvshvpnht5orrcetknvqfqa