"Visionary Gleams" : The Metaphysical Colloquy of Derek Mahon and Seamus Heaney

Bruce Stewart
2013 Études Irlandaises  
In April 2009 Derek Mahon contributed a poem called "A Country Kitchen" to "Seamus Heaney at 70", a supplement of the Irish Times . That poem revealed signs of a literary colloquy on poetry and metaphysics which can be traced back over the full extent of their closely concurrent careers. Mahon initially showed himself a critic of the essentialist version of Irishness which Heaney promoted through his celebrated coinage "sense of place", while Heaney appears to have adjusted his metaphysics to
more » ... brace the characteristically "placeless" anomie of Mahon's early existentialist stance in later collections, but most notably in Seeing Things (1991) which was dedicated to Mahon. The title poem of that collection raises the question : "Where does the spirit live?" The central point of this paper is, where do the greatest contemporary Irish poets stand on the questions of spirituality and immanence in a post-Catholic, post-Christian and post-metaphysical world. In other terms, does the epithet "secular mysticism" associated with Mahon embrace both their outlooks and is the anti-metaphysical metaphysics implied in it a credible and a sufficient answer? Résumé En avril 2009 Derek Mahon publia un poème intitulé « A Country Kitchen » dans le supplément du quotidien The Irish Times célébrant le soixante-dixième anniversaire de Seamus Heaney. Le poème pouvait se lire comme la suite d'un échange poétique entre les deux hommes sur la poésie et la métaphysique, échange dont on retrouve la trace tout au long de leurs carrières parallèles. Mahon commença par se montrer critique de la vision essentialiste de Heaney de l'identité irlandaise, devenue célèbre entre autres grâce au fameux « sens du lieu », tandis que Heaney semble avoir évolué au cours de sa carrière dans sa vision métaphysique pour inclure la fameuse anomie du lieu, propre à la position existentialiste des débuts de Mahon, et ceci nulle part de manière plus frappante que dans Seeing Things , dédié à Mahon. Dans le poème qui donne son nom au recueil, Heaney pose la question : « Où vit l'esprit ? » Cet article interroge la position de deux des plus grands poètes irlandais contemporains sur les questions de spiritualité et d'immanence dans un monde post-catholique, post-chrétien et post-métaphysique. En d'autres termes, l'épithète « mysticisme séculier » associé à Mahon inclut-il la vison des deux poètes, et la métaphysique anti-métaphysique qu'elle implique est-elle une réponse crédible et suffisante ? Mots clés : Derek Mahon, Seamus Heaney, James Joyce, W.B. Yeats, Wordsworth, Ted Hughes, poésie et métaphysique, poésie et spiritualité, poésie et transcendance, claritas , quidditas , épiphanie, Seeing Things , The Autumn Wind , « sens du lieu », « lueur visionnaire »
doi:10.4000/etudesirlandaises.3368 fatcat:twinvpunrvapxffwyesanyefhq