La nouvelle économie et la mesure de la croissance

François Lequiller
2000 Economics and Statistics  
Dans le contexte de l'essor d'une nouvelle économie statistiquement difficile à mesurer, un doute a été jeté à la fois sur la croissance en Europe et sur sa comparabilité avec celle des États-Unis. On explore ici les problèmes de mesure en France. Les données à prix courants apparaissent fiables, même si l'information par type de produit devient de plus en plus délicate à élaborer. Contrairement à une idée bien établie, les différences dans la mise en application des fameuses méthodes
more » ... méthodes hédoniques ont un impact faible sur données françaises. Il y a, en revanche, une différence de traitement entre la France et les États-Unis -et entre plusieurs pays européens et les États-Unis -, sur le partage entre dépenses finales et dépenses intermédiaires en produits informatiques. Les États-Unis comptabilisent plus de formation brute de capital fixe en logiciels, toutes choses égales par ailleurs, ce qui entraîne une croissance mesurée du PIB mécaniquement plus forte sur les dernières années. Cet écart pourrait résulter de processus industriels différents, mais on ne peut exclure qu'il pourrait ne provenir que de l'application d'une convention statistique différente. Dans ce cas, on pourrait parler d'un biais de comparabilité. La méthode utilisée majoritairement en Europe -qui préserve la comparabilité intraeuropéenne -, maintient une cohérence avec les résultats de la comptabilité privée, tandis que la méthode américaine s'en éloigne. L'utilisation du produit intérieur net au lieu de l'habituel produit intérieur brut améliore la comparabilité avec les États-Unis. À l'aune du produit intérieur net, le différentiel de croissance entre la France et les États-Unis est réduit d'un demi point en 1999. *François Lequiller est chef du département des Comptes nationaux à l'Insee. Les noms et dates entre parenthèses renvoient à la bibliographie en fin d'article. 46 1. Voir la définition retenue dans la partie « L'instabilité des produits TIC ». 2. Cette question est traitée, par exemple, dans Cette et al.
doi:10.3406/estat.2000.7479 fatcat:dtxpl3lfgfd6ncu2mqe6pd7bxu