Philologie arabe

Jean-Charles Ducène
2019 École pratique des hautes études Section des sciences historiques et philologiques Livret-Annuaire  
Éditeur École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques Édition imprimée Date de publication : 1 septembre 2019 Pagination : 45-55 ISSN : 0766-0677 Référence électronique Jean-Charles Ducène, « Philologie arabe », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [En ligne], 150 | 2019, mis en ligne le 07 juin 2019, consulté le 13 juin 2020. URL : http://journals.openedition.org/ashp/2884 ; DOI :
more » ... 84 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ashp. 2884 Tous droits réservés : EPHE Résumés des conférences 45 PHILOLOGIE AR ABE Directeur d'études : M. Jean-Charles Ducène Programme de l'année 2017-2018 : Nature, environnement et représentation du monde. La première partie de la conférence a abordé la lexicographie en mettant en perspective les instruments de travail à notre disposition, anciens et modernes ainsi que leurs limites. Pour illustrer leur emploi, nous avons repris la lecture de passages du manuel de ḥisba d'al-Šayzārī 1 à partir du chapitre consacré aux phlébotomistes que nous avons poursuivi avec celui traitant des médecins, des oculistes (kaḥḥāl), les orthopédistes (muǧǧabar) et les chirurgiens (ǧarā'iḥ). Cette partie de l'ouvrage nous a donné l'occasion de traiter d'un très grand nombre de termes portant sur les parties du corps, les instruments chirurgicaux et les substances utilisées en médecine médiévale. Ainsi, dans le premier cas, il est apparu que le vocabulaire anatomique n'offrait pas de difficulté particulière, si on accepte les limites des connaissances médiévales. En revanche, la compréhension des noms d'instruments de médecine s'est révélée parfois plus délicate car les termes étaient ici énumérés sous forme de liste, sans contextualisation précise. Les termes de pharmacopée ont été plus aisément expliqués à partir des lexiques habituels 2 . Pour les mots techniques ou simplement les emprunts nous les avons systématiquement recherchés chez al-Ǧawāliqī 3 (m. 540/1145), al-Ḫafaǧī 4 (m. 977/1569), dans le Lisān al-'Arab d'Ibn Manẓūr et le Qāmūs al-muḥīṭ de Fīrūzābādī afin de voir s'ils y étaient enregistrés, sous quelle forme et comment leur arabisation était évoquée. De surcroît, lorsque le terme était manisfestement un emprunt, mais arabisé depuis si longtemps que les locuteurs ne s'en aperçevaient plus, nous avons vérifié si l'araméen 5 n'avait pu servir d'intermédiaire comme par exemple, zurrāqa, « tuyau », « seringue », qui est un emprunt au grec σύριγγα, lui-même de σύριγξ « flûte de berger ». Le terme arabe avec ce sens n'est ni dans le Lisān ni le Qāmūs. Un autre exemple illustratif est le mot kunnāš « manuel », le verbe arabe kanaša « tordre » ne peut expliquer le substantif, qui provient bien de l'araméen, kunnāš « collection », « recueil de notes », « manuel », le verbe étant kǝnaš « rassembler ». Le Lisān et le Muḥīṭ l'ignorent mais al-Ḫafāǧī le connaît comme mot syriaque signifiant « recueil ». La partie ecdotique nous a conduits tout d'abord à aborder la problématique de l'édition d'un manuscrit unique, avec l'exemple de la description de la mer Morte chez Muḥmmad ibn Aḥmad ibn Sa'īd al-Tamīmī 6 (fin iv e / x e siècle), extraite de son Al-muršid ilā ǧawhar al-aġdiya, (Paris, BNF 2870, f. 31v-37r). Ce médecin qui
doi:10.4000/ashp.2884 fatcat:vc2tukidwnetzj3kl7jl3rwrx4