Zone : l'espace d'une vie en marge

Jérôme Beauchez, Florence Bouillon, Djemila Zeneidi
2017 Espaces et sociétés  
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more » ... uf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) « Même si on dort dans la rue, on n'est pas des loques. On est des chômeurs, des zonards, des mancheurs, mais on n'est pas des clochards. » Propos anonymes, recueillis dans la rue par Lionelle Reynes (1985, p. 38) Alors que le quotidien des « jeunes de banlieue » (ou des « bandes ethniques ») focalise depuis plusieurs décennies l'attention des sociologues, l'autre visage des jeunesses reléguées que présentent les « zonards » reste quant à lui quasi invisible du point de vue des sciences sociales européennes. Rares sont en effet les études de ces « nomades du vide » (Chobeaux, 2004) que seraient ces jeunes de la rue, que l'on dit aussi « en errance » (Laberge et Roy, 1996 ; Pattegay, 2001 ; Parazelli, 2002) . Population sans domicile aux allures bigarrées, souvent accompagnée de ses chiens, ils apparaissent surtout dans le rôle du mancheur réclamant la pièce sur le pavé des centres-ville ou au seuil des supermarchés. À la fois terme vernaculaire et concept proche de l'expérience, le mot zonard est celui que la plupart choisissent pour se désigner (Pimor, 2014) . La zone évoque alors un mode de vie supposant de tracer sa
doi:10.3917/esp.171.0007 fatcat:pa24zuyn7jhe7aunjmfr7icvjm