A quoi sert la logique ?

David MILLER
1995 Hermès  
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more » ... ueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) Document téléchargé depuis www.cairn.info ---207.241.231. Traduit de l'anglais par Alain Boyer Parmi les philosophes, a toutle moins parmi ceux qui s'interessent plus a !'education qu'a !'edification, autrement dit ceux qui ont a creur d'argumenter, il est de bon ton de juger que les arguments sont plus importants que leurs conclusions. Qui n' a pas condamne, ou entendu condamner un livre par ces quelques mots : «]'en approuve les conclusions, mais l' argumentation en est tres Iaible! » n y a, me semble-t-il, trois explications possibles a cet etrange desinteret pour ce que les autres essayent de communiquer. En premier lieu, nombre de theses philosophiques sont a ce point evidemment vraies que seul un philosophe, dit-on, peut perdre son temps a les mettre en question. On pourrait prendre comme exemples diverses formes simples de realisme. En second lieu, tant de theses philosophiques sont si evidemment fausses qu' elles ne valent pas la peine d'etre discutees. La doctrine de l'impossibilite de la discussion rationnelle appartient sans doute a cette categorie. Mais pour 1' ensemble des autres questions philosophiques, il n'est pas de reponse qui soit a !'evidence correcte ou incorrecte; j'ai personnellement tendance a considerer le probleme de l'ame et du corps comme relevant de ce dernier type. Or dans ce cas aussi, assez curieusement, !'interet pour 1' argumentation est preponderant. La coexistence d' opinions incompatibles chez des personnes reflechies est consideree comme un signe que les problemes eux-memes sont insolubles: le mieux que l'on puisse faire est d'evaluer la force des arguments proposes par chacune des parties. Rien d'etonnant des lors ace que la philosophie persiste a avoir la reputation d'etre incapable de progresser. J' aimerais dans la suite de cet article soutenir 1' oppose de ce que je tiens pour 1' opinion dominante, autrement dit HERMEs 15, 1995 291
doi:10.4267/2042/15173 fatcat:rmeozxpcrbdfflhy6j5wc6dqem