L'analyse localisée de la ségrégation urbaine. Ville, quartiers et cités dans une commune de la banlieue parisienne

Marco Oberti
1995 Sociétés contemporaines  
L'analyse localisée de la ségrégation urbaine, mêlant approche quantitative et qualitative, permet de mettre en évidence des différenciations fortes au sein d'une même commune, d'un même quartier, mais aussi entre des cités HLM. Appliquée ici à une commune populaire de la banlieue parisienne, cette démarche fait ressortir des configurations sociospatiales infra-communales qui montrent bien la complexité sociale et urbaine des banlieues. Elle montre aussi la nécessité de prendre en compte
more » ... re en compte l'action des habitants dans les processus de division sociale, et l'importance de la connaissance fine qu'ils manifestent de caractéristiques sociales de différents quartiers, voire de différents immeubles HLM. Une telle démarche pose des problèmes méthodologiques et nécessite une connaissance sociologique pointue des terrains d'étude. Malgré ces limites, elle demanderait à être élargie à un plus grand nombre de communes afin de préciser les typologies existantes et de développer la comparaison en intégrant des aspects qualitatifs de la ségrégation urbaine. Cet article propose de traiter d'un aspect méthodologique de l'étude de la ségrégation sociale et spatiale. Il s'agit, à partir d'un exemple précis, celui de Nanterre, dans la banlieue ouest parisienne, de montrer la pertinence d'un travail à des échelles territoriales plus fines que celle de la commune. Quel que soit le cas de figure rencontré (embourgeoisement ou maintien des catégories populaires pour ne prendre que deux cas simples et opposés), l'évolution moyenne du profil social de l'ensemble d'une commune masque souvent des logiques internes de distribution spatiale des catégories sociales plus complexes. Celles-ci s'expriment à la fois par des différences entre les quartiers, et au sein d'un même quartier entre des espaces urbains spécifiques : le Nord par rapport au Sud, la cité HLM par rapport à son quartier, mais aussi entre des cités HLM appartenant ou non au même quartier. On retrouve, évidemment, les clivages bien connus des banlieues : les quartiers très populaires, plus touchés par le chômage, concentrant des logements sociaux, des familles nombreuses et plus d'étrangers, s'opposent aux quartiers moins populaires, * Je tiens à remercier Sophie Abribat du service des études urbaines de la ville de Nanterre pour sa disponibilité et les données qu'elle m'a gentiment fournies.
doi:10.3406/socco.1995.1534 fatcat:f5lap5x6c5hjjfrlk3znzlo3qe