1815 début de l'histoire « contemporaine » ?

Paul Chopelin, Annie Crépin, Antonino De Francesco, Rémy Hême de Lacotte, Peter McPhee, Igor Moullier, Daniel Schönpflug
2014 Annales historiques de la Révolution française  
Longtemps circonscrites à l'étude étroite de la décennie révolutionnaire, de ses prodromes immédiats et de son historiographie, les Annales historiques de la Révolution française ont progressivement abordé le temps long des XVIII e -XIX e siècles, dès les années 1950 en histoire économique et sociale, puis, plus récemment, selon une approche géographique plus globale, dont témoignent, entre autres, les numéros thématiques consacrés à « L'Amérique du Nord » (2011), « L'Amérique latine » (2011)
more » ... e latine » (2011) et « Les Indes orientales » (2014). La période allant des années 1750 aux années 1850 constitue désormais le cadre chronologique habituel de la revue, tous champs confondus. De moins en moins étudiée en tant que telle, la tranche 1789-1815, fameuse « zone grise » académique, marquant encore traditionnellement, dans l'Université française, la séparation entre l'histoire moderne et l'histoire contemporaine, sert-elle encore à quelque chose ? En effet, le primat donné actuellement à l'histoire globale et à l'histoire connectée par les avancées de l'historiographie remet en cause cette périodisation canonique. Le présent échange témoigne de notre volonté de réfléchir sur l'identité d'une période qui n'est ni le XVIII e ni le XIX e , qui correspond au temps du Sattelzeit de Reinhart Koselleck et qu'il faudrait pouvoir qualifier pour surmonter la césure, parfois stérilisante, qui existe en France entre « modernistes » et « contemporanéistes ». Peut-on encore appeler 1815 un « tournant » ? Quelle signification donner aujourd'hui à la défaite militaire napoléonienne dans une temporalité élargie ?
doi:10.4000/ahrf.13375 fatcat:27mkzgv6n5fyxnvo67h2ezruyy