L'organisation domestique : pouvoir et négociation

Michel Glaude, François de Singly
1986 Economics and Statistics  
Resumen Organizacion hogarena : poder y negociación -¿ Quién de los dos en un matrimonio, decide del lugar de las vacaciones, de la adquisición de un piso, escoger a los amigos ? ¿ Quién va de compra, atiende a las labores del hogar, el bri-colaje, quién hace la declaración de impuestos ? Gracias a una série de preguntas de este tipo, es factible estructurar el espacio hogareño por áreas, algo asi como una gran empresa este dividida en servicios. Lo que equivale a « dirección general », son las
more » ... general », son las « grandes decisiones » relativas, por ejemplo, a la compra de un piso o al futuro de los niños. Se van tomando en forma más igualitaria. Hay una propension a ir repartiendo las decisiones en materia de « equipo »: compras de consideración, organización de la casa. Otros terrenos del espacio doméstico siguen, por lo contrario muy especializados tal como era de prever, « el abastecimiento » y lo del « hogar » son más pronto asunto de mujeres. Bricolaje y reparaciones constituyen el área « mantenimiento » propio de los hombres. Se trata aqui de promedios. Un determinado matrimonio se puede organizar en funciôn de bases totalmente diferentes segùn el lugar en el cual los cônyuges situan el poder. Siete grandes tipos de organizacion domestica destacan en funciôn del numéro y naturaleza de los campos reservados a la mujer en la pareja. Las mujeres « igualitarias », por ejemplo, procuran poco mâs que las otras, intervenir en las grandes decisiones y en el equipo, (lo que se llama « poder de orquestaciôn », mas se niegan a Ilevar a cabo las labores caseras mâs pesadas y abandonan por tanto, en parte, la otra forma del poder doméstico (« poder de ejecuciôn »). El modelo de la « mujer igualitaria » prédomina en especial entre el cuerpo docente y las profesiones médicas y sociales. Las familias obreras confian mâs bien en mujeres presidentas directoras que, por lo regular tienden a concentrar todo el poder de orquestaciôn, o por lo menos en mujeres gestionarias responsables de la « administraciôn » en el matrimonio. Las categorias de empleados y de cuadros dirigentes privilegian otras formas : « amas de casa » y « mujeres pequenas empre-sarias ». Las primeras tienen un considerable poder de ejecuciôn pero no disponen de decisiones importantes. Las segundas acumulan ambos tipos de poder, al igual que un artesano, mandan y Ilevan a cabo el trabajo al mismo tiempo. A la inversa de las amas de casa « dominantes », « Presidentas directoras » « pequenos empresarios » « gestionarios » existe un tipo de organizacion en el cual la mujer esta « domi-nada ». reina en la cocina pero en los demâs lugares su marido interviene. Est? forma de organizacion de poca autoridad femenina impera mes bien entre parejas en lo.~ que la balanza va a favor del hombre. Casi siempre los cônyuges negocian su poder en funcun de sus respectivos recursos culturales o econômicos. Para una mujer, por ejemplo, el dispor.T de un salario contribuye a favorecerla en materia de poderes. Finalmente, la presencia de hijos facilita modos de organizacion especializados, en perjuicio de formas mas comunita-rias. Abstract Domestic organization : power and négociation -In a household, who precisely decides the vacation spot, the purchase of an apartment or the choice of friends ? Who does the shopping, the dishes, the repairs or the tax declaration ? Thanks to a series of questions of this sort, the domestic space can be conceived as a structure of domains somewhat resembling the division of a big company into departments. The equivalent of " top-level management " would be " important decisions " concerning, for example, the purchase of an apartment or the future of the children. These decisions are made in a more or less egalitarian fashion. There is also a tendency towards increased sharing of decisions in the domain of " equipment " : large purchases or home improvement. Other domains in the domestic space remain, on the contrary, very " specialized ". As might be expected, " provisions " and " housekeeping " are more the responsability of women. Do-it-yourself and repairs constitute the only domain, " maintenance ", which is the prerogative of men. This is the average situation. A given couple may be organized on entirely different bases depending on where the parteners situate the line of power demarcation. Thus, seven major types of domestic organization have been found in function of the number and the nature of the domains allotted by the couple to the woman. " Egalitarian women ", for exemple, scarcely seek more than others a share in the domains of " important decisions " and " equipment " (what is called " orchestration power "), but they refuse to take on the heaviest household tasks alone, thus partially giving up the other form of domestic power (" execution power "). The model of the " egalitarian women " predominates particularly among teachers and in the socio-medical professions. Working-class families are built rather around the " executive-women ", who tend to concentrate all " orchestration power " in her own hands, or, at least, around the " woman-manager " who is responsible for the " administration " of the household. The categories of employee and cadre favor still other arrangements : the " domestic woman " and the " woman-boss ". The former has a large power of execution, but does not have control over important decisions. The latter maintains the two types of power simultaneously; like a craftsman, she both orders and executes. As opposed to " dominant ", " executive ", " boss " and " manager " housewives, a type of organization exists in which the woman is " dominated " : she rules in the kitchen but everywhere else her husband intervenes. This form of organization with little feminine authority is found more among couples where the cultural balance is weighted in the man's favor. More generally, the parteners negociate their power in function of their respective cultural or economic ressources. For example, when a woman has a salary at her disposal it contributes to a shift of the frontier of power in her favor. Last, the presence of children favors specialized modes of organization to the detriment of more communal forms. Résumé Qui, dans un ménage, décide plutôt du lieu des vacances, de l'achat d'un appartement, du choix des amis? Qui s'occupe des courses, de la vaisselle, du bricolage, de la déclaration d'impôts? Grâce à une série de questions de ce genre, l'espace domestique peut être structuré en domaines, un peu comme une grande entreprise est divisée en services. L'équivalent de la « direction générale », ce sont les « grandes décisions », concernant par exemple l'achat d'un appartement, ou l'avenir des enfants. Elles sont prises de façon de plus en plus egalitaire. La tendance est aussi au partage accru des décisions dans le domaine de « l'équipement » : gros achats, aménagement de la maison. D'autres domaines de l'espace domestique restent au contraire très « spécialisés ». Comme on pouvait s'y attendre, « l'approvisionnement » et le « ménager » sont plutôt du ressort des femmes. Bricolage et réparations constituent le seul domaine, « l'entretien », qui soit l'apanage des hommes. Il s'agit là de moyennes. Un couple donné peut s'organiser sur de tout autres bases, selon le lieu de l'espace domestique où les conjoints font passer la ligne de démarcation du pouvoir. Sept grands types d'organisation domestique sont ainsi repérés, en fonction du nombre et de la nature des domaines dévolus à la femme dans le couple. Les « femmes égalitaires » par exemple recherchent à peine plus que d'autres le partage dans le domaine des grandes décisions et de l'équipement (ce que l'on appelle le « pouvoir d'orchestration ») ; mais elles refusent d'assumer seules les tâches ménagères les plus lourdes, abandonnant ainsi partiellement l'autre forme du pouvoir domestique (le « pouvoir d'exécution »). Le modèle de la « femme egalitaire » prédomine notamment chez les enseignants et dans les professions médico-sociales. Les familles ouvrières reposent plutôt sur des « femmes-PDG », qui tendent a concentrer dans leurs mains tout le pouvoir d'orchestration, ou, au moins, sur des « femmes-gestionnaires », qui sont responsables de « l'administration » dans le ménage. Les catégories d'employés et de cadres privilégient d'autres agencements encore : « femmes d'intérieur » et « femmes petits patrons ». Les premières ont un fort pouvoir d'exécution, mais elles n'ont pas la maîtrise des décisions importantes. Les secondes cumulent les deux types de pouvoir; à la manière d'un artisan, elles commandent et exécutent à la fois. À l'opposé des ménagères « dominantes », « PDG », « petits patrons », « gestionnaires », existe un type d'organisation dans lequel la femme est « dominée » : elle règne dans la cuisine, mais partout ailleurs son mari intervient. Cette forme d'organisation à faible autorité féminine se rencontre davantage dans les couples où la balance culturelle penche du côté de l'homme. Plus généralement, les conjoints négocient leur pouvoir en fonction de leurs ressources respectives, culturelles ou économiques. Par exemple, pour une femme, disposer d'un salaire contribue à déplacer en sa faveur la frontière des pouvoirs. Enfin, la présence d'enfants favorise des modes d'organisation spécialisés, au détriment des formes plus communautaires.
doi:10.3406/estat.1986.2447 fatcat:ajqhwnbawnhshm7jbbnbvxkoaa