Archéologie du politique chez François Bon

Stéphane Inkel
2012 @nalyses  
De ses premiers romans, publiés chez Minuit, aux livres les plus récents, l'oeuvre de François Bon a connu une évolution importante. Si les préoccupations politiques n'étaient pas absentes de Sortie d'usine, elles étaient encore classiquement organisées par le registre de l'aliénation des travailleurs, audacieusement figurée par l'héritage formaliste de l'écrivain. Le retour à ce motif de l'usine à travers Daewoo donne à lire une double mutation : celle du politique, de plus en plus
more » ... en plus insaisissable et pourtant lourd d'effets — à l'image du Réel — et celle du récit qui cherche à le figurer. C'est à la mise en scène de micro-relations en tant que figurations du politique à l'état embryonnaire que je m'intéresserai, cherchant à repérer dans cette recension des rapports intersubjectifs une archéologie du politique qui se confond avec la nature même du récit plutôt que d'en être simplement l'objet.AbstractFrom his first novels, published by Éditions de Minuit, to his most recent books, Bon's work has shown a notable evolution. If political concerns were not lacking in Sortie d'usine, they were still classically organized according to the register of worker's alienation, though daringly figured through the writer's formalist heritage. The return of the factory as a subject in Daewoo reveals a double mutation: that of the political, increasingly elusive yet heavy in its effects — just like the "Real" — and that of the narrative aiming at its figuration. This article will thus focus on the representation of micro-relations as figures of the political in an embryonic state, seeking to locate in this critical revision of intersubjective relations an archaeology of the political that merges with the narrative itself, rather than simply being its object.
doi:10.18192/analyses.v7i1.385 fatcat:er5g5oggynfdpkzfohqb7hy6au