La loi qui n'existait pas

Marianne Guillet
1994 Égypte/Monde arabe  
Référence électronique Marianne Guillet, « La loi qui n'existait pas », Égypte/Monde arabe [En ligne], Première série, L'Égypte en débats, mis en ligne le 08 juillet 2008, consulté le 26 avril 2017. URL : http://ema.revues.org/532 Ce document a été généré automatiquement le 26 avril 2017. © Tous droits réservés La loi qui n'existait pas Marianne Guillet 1 Chaque année, lors de la rentrée du Conseil constitutionnel, la presse égyptienne se fait l'écho des débats de cette assemblée sur la
more » ... blée sur la question du logement 1 , qui concerne aussi bien Le Caire que le reste du pays, y compris les zones rurales : réglementation de la construction, régulation des loyers, entretien des bâtiments, reconduction des baux et manque d'unités locatives disponibles en sont quelques-uns des principaux aspects... Le problème touche particulièrement deux catégories d'habitants ; d'une part, les couches pauvres et les franges les plus modestes de la classe moyenne, tantôt en quête de logement, tantôt contraintes de vivre dans un espace exigu ou de s'endetter pour pouvoir se loger ; d'autre part, les propriétaires d'immeubles anciens, atteints par les dévaluations successives et le blocage des loyers depuis un demi-siècle, malgré l'augmentation continue du coût de la vie -le loyer perçu est parfois intérieur au prix de la réparation d'un robinet. En d'autres termes, locataires (potentiels ou effectifs) et propriétaires peuvent être considérés tour à tour comme les victimes ou les profiteurs du système. 2 Pour venir à bout de ces difficultés, une nouvelle loi est en cours d'élaboration, censée notamment assainir les relations entre propriétaires et locataires. C'est d'ailleurs sur ces relations que la presse centre le débat, plutôt que sur le contenu de la prochaine loi, ceci pour une bonne raison : aucune proposition n'a encore été déposée devant le parlement et, à cet égard, la presse ne rend compte que d'avis plus ou moins autorisés sur le sujet, chacun (ministres, experts, ingénieurs, juges, etc.) donnant son avis sur les problèmes que le législateur devrait prendre en compte et sur les solutions qu'il devrait y apporter. L'enjeu véritable du débat est de peser, par avance, sur ce dernier en considérant les divers intérêts en présence et, pour cela, d'anticiper les termes de la loi. Le projet n'a pas vu le jour que déjà on le condamne. On ne parle plus de la « loi sur le logement » mais de la « loi sur la relation propriétaire-locataire ». La loi devra régir la complexité des rapports entre des propriétaires mal rétribués et des locataires mal logés, mais aussi départager les responsabilités des uns et des autres dans l'entretien des immeubles, la prise en charge des réparations, l'amélioration ou l'installation de nouveaux équipements... Toutefois, la presse se concentre surtout sur l'élément pécuniaire. La loi qui n'existait pas Égypte/Monde arabe, 20 | 1994 1 3
doi:10.4000/ema.532 fatcat:huw76lj3r5c4jpt5n5xvwd7xoe