Religion assyro‑babylonienne

Daniel Arnaud
2008 École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses  
Éditeur École pratique des hautes études. Section des sciences religieuses Édition imprimée Date de publication : 1 octobre 2008 Pagination : 97-101 ISSN : 0183-7478 Référence électronique Daniel Arnaud, « Religion assyro-babylonienne », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses [En ligne], 115 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008, consulté le 04 mars 2020. URL : http://journals.openedition.org/asr/174 ; DOI : https://doi.org/10.4000/asr.174 Tous
more » ... 0.4000/asr.174 Tous droits réservés : EPHE Annuaire EPHE, Sciences religieuses, t. 115 (2006-2007) Conférence de M. Daniel Arnaud Directeur d'études Religion assyro-babylonienne Le séminaire a été consacré cette année à deux domaines essentiels de la religion et de la culture assyro-babyloniennes : la magie et la figure de Gilgamesh. Il n'était pas question, il va de soi, d'épuiser ni même de vouloir être complet sur deux aussi vastes sujets. Certes, leur « immensité » est de nature différente : la magie est traitée dans de très nombreux textes, du deuxième et du premier millénaires, mais leur contenu est répétitif : il serait aisé de le réduire à quelques thèmes, que les études anthropologiques ont rendus banals. Seuls, les mises en scène et les détails concrets diffèrent d'une tablette à l'autre. Gilgamesh et sa légende, en revanche, sont traités dans des documents de nature et de sens variés, et la difficulté en ce domaine est d'unifier les données disparates : manifestement, le héros d'Ourouk a servi de prête-nom à des thèses, sociales, politiques ou sapientiales, diverses et ce furent elles qui modelèrent en chaque occasion sa personnalité (qui en devient incohérente et insaisissable) et non le contraire. Le traitement de ces deux points ne pouvait être semblable. Pour la magie, le directeur d'études a choisi de lire et de commenter la série d'Ougarit consacrée à la Lamashtou. Elle est en bonne état dans ses parties conservées et elle permet de retrouver dans le commentaire tous les traits des exorcismes babyloniens. Ras Shamra a fourni dans la dernière décennie trois fragments de l'Épopée, appartenant à la tradition paléo-babylonienne et une tablette canonique complète : la Préface. Mais il s'agissait de ne pas donner dans l'admiration révérencielle des Modernes à l'égard du poème (le terme est-il adapté ? Le directeur d'études a renoncé à commenter la métrique, en renvoyant à des études déjà anciennes) : la fable du renard et du chien est une « charge » partielle. Deux tablettes portaient des incantations contre l'action de la Lamashtou. La première n'est plus qu'un fragment, mais il est, épigraphiquement, significatif : le texte est d'origine « hittite », et cette remarque est à verser au dossier des rapports entre Ougarit et les Anatoliens. Ils ne se réduisaient pas à l'exercice du protectorat par Hattousa : les apports intellectuels du nord vers le sud (par Alalah, Alep, Karkémish et d'autres centres aussi peut-être) furent importants et ils dessinent une image beaucoup plus nuancée que ne le font les documents diplomatiques, les lettres etc.
doi:10.4000/asr.174 fatcat:gfv4fsnbefeztemg32qkhin54m