Variétés de la représentation mentale

Andrew WOODFIELD
1988 Hermès  
traduit de l'anglais par P. Engel) Le but de cet article est de défendre une thèse empirique: que les percepts et les concepts reposent sur des systèmes distincts de représentations mentales. C'est un objectif limité ; je ne dirai pas grand-chose des complexités qui touchent à la relation entre contenu étroit et contenu large. Je supposerai, sans donner d'argument, que les représentations mentales, comme les autres sortes de représentations, ont deux dimensions: un aspect syntaxique, qui
more » ... taxique, qui concerne leurs formes et leurs relations mutuelles, et un aspect sémantique, qui concerne leur référence et leurs conditions de vérité. Les données empiriques utilisées ici proviendront de sources diverses. Si l'on était strict et scrupuleux sur le plan de la méthode, il faudrait séparer deux niveaux d'enquête. C'est une chose que de demander: il y a-t-il de bonnes raisons, empruntées au sens commun, pour postuler différents systèmes de représentation ? Mais c'est une tout autre chose que de demander : quelles sont les raisons scientifiques de le faire, au-delà des données de l'introspection et du sens commun ? En tant que philosophe, je n'ai pas l'autorité pour me prononcer sur la seconde question. J'essaierai de m'en tenir à la première. Mais les progrès récents en science de la perception sont bien connus, et il m'est difficile de maintenir les deux niveaux séparés. Peut-être cela n'a-t-il pas trop d'importance dans ce cas, parce que la réponse aux deux questions est Oui. Des travaux récents en sciences cognitives renforcent l'hypothèse selon laquelle il y a de nombreux systèmes de représentation, et cette hypothèse, à mon sens, est également compatible avec la psychologie ordinaire. Le sens commun nous dit que la tâche de la perception est de présenter à l'entendement une information continuellement actualisée à propos de l'environnement présent. La faculté
doi:10.4267/2042/15309 fatcat:adcikaglsng25okrmxjbz5q4o4