Ce que le médecin de famille doit savoir sur le VIH

2012 PrimaryCare  
Ce que le médecin de famille doit savoir sur le VIH Session 5 du SSMI Great Update 2011 Bien que les stratégies de traitement du VIH se développent rapidement et que leur mise en oeuvre doit être effectuée par des spécialistes, les médecins de famille sont, en raison de la longue espérance de vie des patients, des partenaires importants en ce qui concerne les problèmes courants de médecine générale, dans l'accompagnement des patients infectés par le VIH et de leurs familles. Durant les 15
more » ... Durant les 15 dernières années, l'infection par le VIH est devenue une maladie curable. De nombreux patients infectés par le VIH présentent une espérance de vie proche de la normale s'ils sont en mesure de prendre avec un haut niveau d'adhésion un traitement antirétroviral combiné. En Suisse, la prévalence de l'infection par le VIH va augmenter dans les prochaines années, car les personnes contractant le VIH sont plus nombreuses que celles qui décèdent d'une telle infection. Des centaines d'individus infectés par le VIH ne sont pas conscients de leur infection et présentent ainsi un risque de contracter des maladies opportunistes et de transmettre l'infection à leurs partenaires sexuels. Dans la mesure du possible, les patients infectés par le VIH doivent être inclus dans l'étude suisse de cohorte VIH (www.shcs.ch), afin que puissent être recueillies d'importantes données prospectives concernant l'évolution à long terme de l'infection par le VIH. Le concept actuel de l'infection par le VIH et du traitement antirétroviral L'infection par le VIH entraîne, d'une part, un affaiblissement croissant du système immunitaire, qui peut être quantifié par la diminu-tion du nombre de lymphocytes CD4 dans le sang périphérique, et la survenue d'infections opportunistes et de néoplasmes. D'autre part, la réplication virale chronique ainsi que l'incapacité du système immunitaire à la contenir (viral escape) entraînent une nette activation immunitaire et un état inflammatoire chronique. De plus en plus d'éléments indiquent que cette activation immunitaire provoque de fréquentes manifestations non opportunistes au niveau des organes (cardiovasculaire, rénal, hépatique, CNS, ostéoporose, etc.). Certains chercheurs parlent de vieillissement prématuré ( fig. 1 ). D'où le concept selon lequel une infection asymptomatique par le VIH doit être traitée dès la diminution du nombre de lymphocytes en dessous de 350/µL, c'est-à-dire avant que le risque de maladies opportunistes n'augmente considérablement, ce qui est le cas en dessous de 200/µL pour les cellules CD4. La pertinence d'un traitement encore plus précoce fait actuellement l'objet d'une étude internationale randomisée (START-Trial). Traitement antirétroviral et adhésion au traitement Le traitement antirétroviral consiste en une association de trois substances antirétrovirales efficaces, sélectionnées selon la détermination de la résistance individuelle au VIH. Dans jusqu'à 50% des cas, le traitement est adapté en raison d'effets indésirables. Une très haute adhésion au traitement antirétroviral est essentielle, car la réplication virale doit être complètement réprimée, afin qu'aucune résistance aux médicaments ne se développe: sous traitement, aucun signe d'ARN VIH ne doit plus être détecté dans le plasma. Le cas échéant, le système immunitaire peut se reposer (augmentation du nombre de lymphocytes CD4), le risque de maladies opportunistes recule et l'activation immunitaire décroît. Ré-Figure 1 Evolution de l'infection par le VIH.
doi:10.4414/pc-f.2012.00122 fatcat:uenoyghgqnclhehiyyk7ktk23e